68 HISTOIRE SOCIALISTE plus de 100,000 livres chaque année. • El Mirabeau conHale que grâce à ce pui-~ant outillag••, la mine d'An1.in fait une concurrence victorieuse nux mi,,r, de Mons. • On sait, dit-il, avec quelle jalousie les mineurs de Mons onl toujours vu l'exploilation de celle mine. lis fournissaient, avant qu'elle rut découverte, jusqu'à trois millions de mesures de charbon à 5 livres dix sous la mesure, du poids de 250 livres; cl la Compagnie d'Anzin qui donne aujourd'hui le même poids à 25 sous, fournil à la consommation de cinq provinces. • Voilà évidemment un prrmicr type de la grande industrie capilali,lc; même à Sedan, à Abbeville il y avait de vastes manufactures. La ma11uf,1cture de Van Rolais, à Aubeville, occupait plus de douze cents ouvriers el ouvrières soumis à un véritable encasernemenl industriel. Ourrirrs et ouvrières étaient logés dans la fabrique: les quatre portes ~onumenlales en étaient gardées par des concierges à la livrée du l\oi, l'eau-de- , ie en Nait rigoureusement écartée et une sé1èrc discipline maintenait dans une obéissance muette tous ces prolétaires. Parfois, le corps de ville d'Abbeville prenait leur défense, et rappelait nolammenl au grand palron que les amendes h,nigées par lui ne devaient pas tomber dans la Caisse patronale, mais aller à la Caisse de secours des ouvriers. Dans l'Est, lïnrluslrie métallurgique grannissail si vile et les « usines à f,•u », comme on rli~ait, consommaient une si grande quantité de bois que la région s'alartnail et demandait une limilalion de l'industrie. Ce sont surtout les deux ordres privilégiés, préoccupés rie maintenir la valeur prédominante du domaine foncier contre l'envahissement de la puissance induslrielle, qui signalent le péril couru par les forêts. Le clergé de Sarreguemines, dans ses Cahiers, clit « que la cherté excessive du bois vient des usines à feu qui sont trop multipliées : il convient de prescrire la mesure de la consommation du bois qui peul être tolérée •· La noble~se du même baillage demande aussi " la rédu,·tion des usines ù feu pour ~lre remises à leur étal primilif, d'après la première concession, vu l'augmenlalion du prix du bois qui devient très rare. • Les Cahiers de Bouzonville en Lorraine disent encore : • Le pays est couvert d'usines, forges, verrerie~, qui non seulement consommenl énormomenl, mais encore adminiHrent si mal les cantons de forêts qui leur sont allribués, qu'ils sont convertis en friche. Aussi la cherté du bois augmente au point que si sa Majesté ne défend pas l'exportation des bois de chauffage au moins el n'ordonne pas la réduction de~ usines, l'habitant dP. la campagne sera da11s peu réduit à l'impossibililé physi4ue de pourvoir à son chauffage ainsi qu'à la cuisson tant de ses aliments que de ceux de ses bestiaux. » Ces doléances sont très intéressantes. J<:lles nous montrent déjà aux prises l'intérêt agrarien et l'inlérél indus1riel ou capitaliste. Elles nous permettent de pr~voir le prochain développement des mines de charbon appelées à suppléer à l'insuffisance des forêts dont la puissance de végétation est dépassée par la puissance de consommation de l'industrie moderne. EL
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