750 HISTOIRE SOC, ALISTE si improprement chapeaux noirs et gens comme il faut, il prit se, municipau~ dans son propre sein et dans tous les étals; il jeta les yeux sur ce1u qui avaient montré le plus d'ardeur pour la. Révolution el qui avaient suivi les bannières de la libe~té. » Mais ce n'étaient pas à proprement parler des prolétaires. Vadier luimême possédait environ trois cent mille livres de biens foncier!, el l'aristocratie exaspérée essaya de prendre la revanche contre les bourgeois de la. Révolution en prêchant à Pamiers, dès 1790, une sorte de loi agraire. La prédominance politique et sociale de la bourg_eoisie à cette date est donc incontestable. Mais la ConsUlution n'était pas rigide : elle pouvait s'assouplir dans le sens de la démocratie. La vie municipale surtout créait quelques foyers populaires ardents, dont le rayonnement pouvait pénétrer peu à peu toute la nation. Les sections de Paris travaillaient à élargir le droil de suffrage, à l'étendre à tous au moment môme où la Constituante s'appliquait à le restreindre. En juin 1701, quand Paris procéda, dans ses assemblées primaires, au choix des électeurs qui devaient nommer les députés, un mouvement très vif se produisit en plusieura points pour le suffrage universel. Le 8 juin, la section de Sainte-Geneviève prit un arrêté portant qu'il serait nommé deux commissaires chargés de se réunir à ceux des autres sections pour rédiger, en se serrnnt du discours de Robespierre, une pétition contre les distinctions de classes. (Voir i\lellié: les sections de Paris.) La section des Gobelins Ill une pétition dans le mèmc sens. La section du Louvre, le 25 juillet 1791, rédige une adresse sur la « nécessité de donner le droit de citoyen actif à tous les citoyens qui paient même la plus légère contribution, attendu leurs justes murmures de n'être comptés pour rien dans l'Empire, tandis qu'ils servent la patrie par leurs bras, par leurs femmes et leurs enfants; mais de priver de cet avantage tous citoyens connus pour être de mauraise conduite, accapareurs, agioteurs, de les laisser juger par leurs pairs dans les 3ssemblées mêmes et exclure d'icelles•· Ainsi, dans les sections ardentes, c'étaient les «accapareurs•, c'est-à-dire évidemment des bourgeois, qui devenaient les citoyem passifs. Marat dressait et publiait, quartier par quartier, la liste des mauvais patriotes qui devaient être écartés des assemblées. La section du Théâtre-Français ne se bornait pas à pétitionner pour le suffrage un'versel. Elle l'instituait elle-même, dans ses limites, par un acte révolutionnafre. Déjà, le 23 juin, elle avait décidé d'ouvrir les assemblées primaires à tous les citoyens Agés de vingt-cinq ans et domiciliés, et elle avait effacé du serment le mol actif. Elle renouvela solennellement cel arrêté le 27 Juillet, et elle abolit dans son sein la disliuclion de citoyens actifs et de citoyens passifs. A coup sîlr, ces décisions révolutionnaires se heurtaient à
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