740 HISTOIRE SOCIALISTE toujours, dans le détail, aux principes de ce gouvernement-là el cherchent à enlever à notre Constitution monarchique tout cc qui pourrait éloigner des résultats qu'ils désirent. • Je déclare que, quant à cèux-là, Je ne les allaque point; quiconque a une pensée sincère, une opinion politique pure, comme pour la plupart Je les en crois parfaitement capables, a le droit de rénoncer. Chacun a sa f~çon de voir; c·esl !"opinion de la majorité qui fait la loi. ~lais il s'est élevé une autre classe de personnes contre notre travail; et celle-là, ce n'est pas à raison de ses opinions politiques qu'elle s·esl montrée opposante, ce n'est pas parce qu'elle aime mieu\ la République que la monarchie, la démocratie que l'autocratie, c'est parce qu'elle ne veut aucune espèce de gouvernement; c'est parce que tout ce qui fixe la machine politique, tout ce qui est l'ordre puhlic, tout ce qui rend à chacun ce qui lui appartient, tout ce qui met à sa place l'homme probe et l'homme honnête, l'homme improbe et le vil calomniateur, lui est odieux et contraire.» (On oppla11di1 à plusieurs reprises dans la lrès- (lrandemajorité de fa partie gauche.) L'exlr~me gauche, encore alTaiblie et ébranlée par la journée du 17 juillet laissait passer l'orage. Robespierre se bornait à des interventions de détail. Mais peu à peu, aidé par Pétion, il ra!fermissail les Jacobins, retenait les sociétés affiliées, el il n'attendait qu'une occasion de frapper sur ses adversaires un grand coup en les accusant de faire le jeu de la Cour, en insinuant qu'ils avaient revisé la Conslilulion pour lui 0lre agréables. Il éclata dans la séance du i" septembre. Le vole des lois constitutionnelles était terminé. Il s"agis,ait de soumettre l'ensemble de la Constitution à l'acceptation du roi. Plusieurs députés exprimaient l'espoir que le roi l'accepterait en eliet. Robespierre s"écria avec sarcasme qu'il serait ,rairnent étrange que le roi n·agréât pas une Con&lilution où tant de remaniements avaient été !ails pour lui plaire. « C'est bien le moins, ajouta-t-il, qu'on nous assure la possession des débris qui 11011s,·estent de nos premiers décrets. • · El haussant le ton jusqu'à la menace révolutionnaire:• Si on peut attaquer encore notre Constitution après qu'elle a ét6 arrêtée deul rois, que nous reste-t-il à Caire? repre11dreou nos fers, ou 110s armes. • Celle sorte d'appel à l'insurrection témoigne que Robespierre avait repris confiance en sa force et que la période • de terreur bourgeoise • ou, pour parler plus exactement, cl1l terreur feuillanliste était passée. L'Assemblée s'indigna comme si Robespierre appelait de nou1eau le peuple au Champ-de-)lars, el pour une action plus décisive. Duport, le théoricien, ami de Darna1·e, s'emporta, dit-on, jusqu"à le menacer. Ou du moins, Robe spi erre interpréta •on geste comme un outrage. « Je vous prie, Monsieur le Président,dedire à M. Duport de ne pas mïnsuller s'il
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