ï38 llIS'fOIRE SOCIALISTE duels, un intùilt partiwlier d'ambition séparé de l'intérèt public, et des moyens de corl'uption qui pour être di//érents de ceu.c du besoin, n'en sont souvent que plus alarmants pou,· la liberté. « .\lais s'il est vrai que ce n'est pas dans les classes supérieurps que sr trouvent le pl11s(léuéralement les trois garanties, il est également vrai que ce n'est pas dans la classe des citoyens qui, obligés immédiatement et sans cesse, par la nullité absolue de leur fortime, de travailler pour leurs besoins, ne peuvent acquérir aucune des lumières nécessaires pour faire les choix, n'ont pas un intérèt asse~ puissant à la conservation de l'ordre social existant, étant enfin sans cesse aux prises avec le besoin et étant chaque jour, par l'absence d'11nmoment de travail, réduits aux derniè,-es extrémités, off,·il'aient par là mhne à la con·uption de la richesse un moyrn trop facile des' emparer des élections. C'EST DONC OA~S LA CLASSE MOYE~/Œ qu'il faut chercher des électeurs, et je demande à tous ceux qui m'écoutent, si c'est une contribution de 10 journées de travail qui constitue cette classe moyenne, el qui peut assurer à la société un degré certain de sécurité.» Barnave, découvrant toute sa pensée, déclare qu'il ne redoute pas précisément les vrolélaires. Ceux-ci étaient à ce moment trop faible,, trop peu conscients de leur iulérèl de classe pour effrayer directement la bourgeobie possédan le. Ce que Barnave redoute, ce sont, si l'on peut dire, les nouvelles couches bourgeoises, celle bourgeoisie pauvre, avi le el ambitieuse qui pour se créer un rôle prolongera la Ilévolution, agitera les éléments populaires qui sans elle resteraient passifs. C'-cst la haine contre 13rissol el sa suite, c'est la peur des libellistes qui anime Ilarnave. Ecoutez-le, comme sa parole est âpre! • Il se glisse cependant dans les assemblées électorales une espèce d'hommes qui n'ont pas les qualités que vos cornilés voudraient exiger, mais qui est bien loin d'appartenir à cette classe pure d'artisans et d'agriculleur5 que je verrais avec autant de plaisir que tout autre dans les assemblées électorales. Parmi les électeurs qui sont choisis sans payer 30 ou 40journées de travail, ce n'e5l pas l'ouvrier sans crédit, ce n'est pas le laboureur, ce n'est pas l'artisan honnête el incessamment adonné aux travaux que ces besoins nécessitent qui va exercer la fonction d'électeur, ce sont quelques hommes animés, poussés par l'intrigue, qui vont col1,orlant·dans les assemblée. primaires la turbulence el le désir de changement dont-ils sont intérieurement dévorés; ce sont des hommes qui, par la même raison qu'ils n'ont rien et qu'ils ne savent pas trouver dans un travail honnête la subsistance qui leur manque, cherchent à créer un nouvel ordre de choses, qui puis,e mettre l'intrigue à la place de la probité, un peu d'esprit à la place du bon sens, et l'intérêt particulier et toujours actif à la place de l'intérêt général et stable de la socitité. (Vifs applaudissements.) • Si je voulais appuyer par des exemples la proposition que je viens
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