64 JllSTOlflE SOCIALISTE de l'aristocratie qu'ils ,·ouùraienl ériger en principes conslilulionnels, nous nous en affranchissons dès cc jour. » « L'in•nrrerlion de la liberté et de l'égalité intéressant tout vrai citoyen du Tier,, 1011- ,'oiv::nl la favoriser par une inébranlable et indi\'isible adhésion; mais IH'i11c11,..lemcnles jeunes gens, classe heureuse à qui le ciel accorda de nallrc assez tard pour pouvoir espérer de jouir des fruits de la philosophie du X\'111' siècle. " Jurons tous, au nom de l'humanité el de la liberté, d'élever un rempart contre nos ennemis, cl'opposer·à leur rage sanguinaire le calme cl la persévérance des paisibles , CJ'Lus; élevons un tombeau aux deux martyrs de la liberté, el pleurons sur leurs cendres jusqu'à ce qu'elles soient apaisées p,tr le sang rie leurs bourreaux. « Avon~ arrGté, nous, soussignés, jeunes gens de Loutes les prnfessions, de partir en nombre suffisant pour en imposer aux vils exécuteurs des aristocrates; regarderons comme infùmcs et déshonorés à jamais ceux qui auraient la bassesse de postuler ou m6me d'accepter les places des absents. « Pro lestons d'avance contre tous arrôls qui pourraient nous déclarer séditieux, lorsque nous n·avons que des intentions pures et inaltérables. Jurons tous, au nom de l'honneur el de la patrie, qu'au cas qu'un tribunal injuste parvint à s'emparer de quelques-uns de nous el qu'il osât un de ces actes que la politique apprlle de rigueur, qui ne sonl en effet que des actes de dr$polisme, sans observer les formes cl les délai;; prescrits par les lois, jurons de raire re que la nature, le courage et le d6sespoir inspirent pour sa propre conservation. » Uclle et généreuse exaltation! Noble appel de la jeunesse à la philosophie du ,.vm' siècle. On devine les passions et les rêves qui fermentaient au cœur de la jeunesse bourgeoise dans les années qui précédèrent la Révolu lion; plus concentrés el plus· violents peul-être en llrelagne qu'en toute autre pro- , ince. Pour que la puis,ance économique d'une classe montante devienne enfin puissance politique, il faul qu'elle se lraduisc en pensée, qu'elle aboutis,c it une conception générale du monde, de la sociélé et de la vie. L'ambition bourgeoise des commerçanlJ et industriels nanlais prenait, dans les écoles de llennes, une forme plus haute, un accent révolutionnaire cl humain. ~lais sans la croissance, sans la malurilé économique de la bourgeoisie de ê'lanles, les juvéniles ardeurs des étudiants de Rennes se seraient vite dissipées en fumeuses paroles. C'est parce qu'elle était devenue, à Nanles, une grande force de production de négoce et de propriété, que la bourgeoisie bretonne pouvait être à Rennes une grande force d'enthousiasme el de pensée. Nantes était le laboratoire de richesse et de puissance d'où les jeunes éludiants exaltés des écoles de Hennes Liraient la substance même de leurs rôves. Au resle, dans le discours du -jeune d~légué de la jeunesse rennaise et dans la· décision finale qu'il propose, il y a une parole profonde : « D'après le
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