HISTOIRE SOCIALISTE 587 moyens d'attirer le public, rassuré sur le bon emploi de ses capitaux: el au cas où quelques-uns des ouvriers, ainsi remis sans façon par la Ville à l'entrepreneur, s'aviseraienl de rappeler l'ancienne disciplin~ municipale plus complaisante ou plu;; relâchée, on indiq11ail d'avance aYeC l'aulorilé de Marat lui-m~me, que si les chefs d'atelier municipau, avaienl été complaisanlg pour la paresse des ouvriers, c'élail pour les ga~ncr au grand complot du club monarchique el de la municipalité traîtresse. Ainsi, il n'était pas jusqu'aux haines el aux défiance, de Maral, qui ne fu,senl pour ainsi dire mises en action par ce c.,pilalisle génial: el son cher-d'œuvre est d'avoir inséré dans le journal de l'ami du peuple, son, le palrona!(e el a,·ec l'estampille de Moral, un des prospectus financiers les plus audacieux qu'ail vus depuis un siècle, la société bourgeoise. Mais quelle ine,pédence cela suppose chez Marat, chez les prolétaires qui commençaient à tendre l'oreille à ses propos, el dans quelles ténèbres ou tout au moins dans quelles limbes, voisines de la pleine nuit, se mouvait encore la pensée prolétarienne! La sincérité même ,le Marat, son désir certain de soulager les souffrances des plus pauvres et de relever leur condition, rendent plus significatives ces pitoyables méprises. Il est vrai que sa haine contre les municipaux, aidait beaucoup à l'aveugler. Quelques jours après il était durement détrompé par un de ses correspondants el, tout ahuri. il ~·empressait d'insérer clans son numéro du 3 juin, la lellre: • - A l'ami tlu peuple. - Ne vous en laissez pas impo•er par les beaux discours, mon cher Marat; la plupart du temps, ce ne sont que de petits intrigants qui cbrrchent à raire leur main-levée, tout en parais•ant les apôtres de la vérité. Le but de celui qui vous a fail passer l'article sur le canal de Brulé, inséré dans votre numéro 471, pomrail bien ~lre de faire accorder à l'entrepreneur 15 000 livres par jour pour en faire l'ouwrlure. Je ne veux point lïnculper: mais si vous connaissiez la clique infernale qui est à la tète de celte entreprise, 1ous verriez que ce serait remettre le sort des indh(ents dans les mains de nouveau~ fripons et qu'il serait dirllcile d'en trou 1er de plus elirontés. Je ne vous dirai rien da Dru lé: il est reconnu digne d'être à leur tête: cent procès qu'il a aujourd'hui avec les ingénieurs qui ont faille nivellement, les dessins, les devis, ne prouvent que lrop qu'il ne cherche qu'à faire des dupes. Après Brulé, vient le rameux Mangouri de Rennes en Dretagne où il est connu pour ses gentillesses d'escroc : ... Je luiai ente11dudire il y t.·ois .<emainestout ce que JJ. Bacon s'est chargé d'écrire en faveur de Bntlé, dans l'extrait que vous en avec donné ... • Marat, assez penaud toutes les rois que son infaillibilité était mise en échec répondit en quelques mots: • Je ne connais M. Bacon que par ses écrits où il se montre homme de goOt et philanlrope: au demeurant je n'ai jamais songé à recommander l'entreprise de Drulé, dont je ne connaissais par les menées.
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