Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

508 IIISTOll1E SOCIALIS'rE culli,·ateurs, des marchands cl des artisans mOlés,s'associent pour acheter, le 30 mars 1801, le domaine de Sainl-Allelme payé 130,000 livres. C'est, semblet-il toute une paroisse, qui se coalise pour ne pas laisser un • étranger • acheter le beau domaine. Quarante acheteurs, Lous d'Aramon et pirmi lesquels figurent plusieurs ménagers (propriétaires cultivant eux-mêmes) un jardinier, un traiteur, un fournier, s'associent pour acheter le 21 janvier 1793 le couvent el le jardin des Ursulines d'Aramon payé 20.100 livres. Encore un nouvel eliorl de la commune du Pujanl et de celle de Villeneuve. Cent-six acheteurs, dont 67 de Villeneu ,·e et 39 de Pujant s'associent pour acheter le 12 mars 1791, la métairie de Saint-Bruno, au prix de 153.088 livres. Parmi ces acheteurs sont mentionnés expressément des ménagers el des bourgeois. Vingt-quatre acheteurs, dont ,ingt-deux de Montfaucon, négociants el cullivaleurs mêlés, s'associent pour acheter le 21 juillet 1789 une terre de 6.300 livres. Onze acheteurs au Cailar, parmi lesquels plusieurs cultivateurs, un serrurier et un maréchal s'associent pour acheter le 17 janvier 1791 divers fonds payés 8.200 livres. Sept acheteurs, à Pujaut, s'associent pour acheter le 2 mai ii91 sept pièces de terre valant ensemble 6.875 livres. Encore quinze acheteurs de Villeneuve s'associent, pour acheter le 18 mar5 1704. une terre de 3.350 livres. Encore dix-neuf acheteurs de Pujaut s'associent pour acheter une terre de 6.525 livres. Encore onze acheteurs de Pujaut s'associent pour acheter le domaine de Saint-Vérédime au prix de 45.000 livres. Encore vingt-un acheteurs de Pujaut s'associent pour acheter une terre de 1ï91 livres, le 3 juillet 17,91. Treize acheteurs de Tavel, s'associent pour acheter le 14 mai 179J une terre des Chartreux de Villeneuve au prix de 6.625 livres. Seize acheteurs de Tavel (les m~mes que plus haut) s'associent pour acheter le 15 mai 1791 le domaine cle l'abbaye de Villeneuve au prix de 169.001 livres. El c'est tout ; j'ai cité tous les achats faits en commun dans le Gard par les paysans; je n'ai laissé de côté que deux ou trois achats où les associés sont visiblement de riches bourgeois de campagne ou des bourgeois de la ville, comme ces acheteurs de Beaucaire, qui s'associaient pour, acheter une vaste caserne. J'ai tenu à donner la liste complète des associations d'achat de paysans pour qu'on en pOl constater la proportion e,\acte; elle se réduit à bien peu de chose. Il est même à remarquer qu'il n'y a qu'un point dans le Gard (car Pujaut, Villeneuve el Tavel sont contigus) où ces associations d'achat se soient produites. A vrai dire, on se demande en quoi elles pouvaient bien être utiles. S'il s'agissait de petits lots, il était plus simple aux paysans d'acheter individuellement. S'il s'agissait d'un grand el coOteux domaine, ils avaient beau •'associer, les ressources leur manquaient; et puis, comment subdiviser en-

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