Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

466 HIS'l'OIRE SOCIALIS'l'E tous le, échanges à cc titre, il doit en conserrnr tous les caractères. Si, lors de la première omission des assignats, vous avez consenti à leur allacher un inlér~I, c·e,t que vous cru donner un attrait puissant à un etrel auquel les e-pril< n"étaient pas encore familiarisés, que les préjugés et l'ignorance pourraient r,'pous5er; mais en principe, il est absurde qu'un assignat-mon naie porte intérêt. ...JI l'aurait mùme sous un rapport une véritable injustice, car cet assii:trnt ayant en lui-même la valeur de la monnaie, si vous y ajoutez une autre, par cela même vous aépréciez la monnaie qui est en circulation, vous la faites perdre contre l'assignat. • Au, principes de raison el d'équité ,e joint ici un grand motif d"ulili té puhlique. Les assignats ne portant point intérêt, vous allégez le fardea u tles impù', sous lequel le peuple e,t écra-é. Si ,ous remlJoursez 2 milliards , vous déchargez la nation de 100 million, de rente. E,t-il une considéralion plus pui-sanle, plu, propre à toucher ceu, qui s'occupent à soula\;er les malheurs d"unc nation si longtemps opprimée• • ~i les a,,ignat, porlclicnt intcrèl, on ne pourrait plus les regarde r comme monnaie, et alors je ne verrai, pas de rai-on pour quo cel inté r<lt ne fùl pas fi." sur lo tau, orùi11,liro CL courant. Qu"arri.erait-il alors? C'e,l qu·une grande partie des IJiens nationaux ne serait pas vendue. Le p orteur ct·un a,,i,:nal préfèrerait la joui,sancc tranquille d'un inlértll de 5 pour 100 à la pus,e»ion d'une terre dont le revenu ne lui produirait pas au delà de 3 1/2; rrvcnu qui esl même snjcl à des vicissitude-, à des non-,aleurs. • Ainsi, l"olJjel int~rcssanl, l'objN e,senliel que l'Assemblée se p.ropo se pourrait échouer en allachant cles intérêts aux as,ignals. Les biens nati onaux qu'il c,t ,i important de vendre el de vendre promptement, trouveraie nt un moins grand nombre d"acquéreur5. La gestion en serait très onéreuse à la nation, et elle ferait un intérêt de 5 0/0, lorsqu'elle n'en retirerait peul-être pas 2 0,0 de ses fonds. » El Pélion, préoccupé ainsi de faire de l'assignat purement el simplemen t une monnaie, demandait avec beaucoup de logique que l'assignat de mille livres, créé par le vote de décembre, rut subdivisé en assignats de mo ins de valeur pour se prêter à une circulation de détail. « S'il est, dit-il, un vice qui so soit fait vivement sentir dans les assignats mis jusqu'à ce jour en émission, c·e,t qu'ils représentent des so mmes trop considérable,, cl qu'ils ne se prêtent 1>asdès lors à une facile et fréquente circulation. JI, de, iennenl nuls pour les bc,oins journaliers de la vie el pour tous les objels de détail; ils devienuenl nuls pour toutes les opératio ns de commerce. Ils deviennent tantôt une raison, tantôt un prétexte pour a rrêter le cuur, des affaires. Le débiteur d'une petite somme renvoie sans cesse son créancier qui est dans le IJesoin en lui o[rant ces assignats dont la vale ur est de beaucoup supérieur à la delle. Avec de tels assignats les appoints devlen

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