456 HISTOIHE SOCIALISTE Par 5û8 voix contre 346 et 40 voix nulles elle vota, en celle grande Journée du 2 novembre, la plus décisive à coup stlr de la Révolution, la motion de Mirabeau : • L'Assemblée décrète: « 1° Que tous les biens ecclésiastiques sont à la disposition ùe la Nation, à la charge de pourl'oir d'une manière convenable aux frais du culte, à l'entretien de ses ministres el au soulagement des pauvres, sous la surveillance et d'après les instructions des provinces. « 2• Que dans les dispositions à faire pour subvenir à l'entretien des ministres de la religion, il _ne pourra èlre assuré à la dotation d'aucune cure moins de 1200 livres par année, non compris le logement et les jardins en dépendant. » Mais à quoi etll servi à la Révolution celle expropriation hardie, si elle n ·eot pu réaliser pour ainsi dire immédiatement la valeur des biensù'Eglise 7 Le déficit s'agrandissait tous les jours ; même les premières mesures révolutionnaire,, le rachat des dimes inféodées, l'abolition avec rachat des offices de judicatures accroissaient la delle exigible; les besoins étaient immédiats: il fallait que les ressources fussent immédiates. Or, d'une part, la vente des biens d'Église ne pouvait être que lente; ~n la précipitant el jetant tout à la fois sur le marché celle énorme quantité de domaines, de bâtiments, de corps de ferme, on aurait, pour ainsi dire, noyé la demande sous l'offre, et avili le prix de celte marchandise ainsi prodiguée. Et d'autre part, avec quelle monnaie les acheteurs auraient-ils pu payer 7 C'est à plusieurs milliards que s'élevait la valeur des biens d'Église, et tout le numéraire de la France, ne dépassait guère à cette époque, selon les calculs d'hommes comme Lavoisier, deux milliards. La vente rapide des biens d'Église aurait donc absorbé une grande partie du numéraire déjà trop rare; et bien que l'État l'etll presque aussitôt fait refluer vers ses créanciers de tout ordre, il y aurait eu cependant au moins pour une certaine période, concentration du numéraire sur une opération unique et colo,sale : une crise économique ioouie; un arrêt presque complet de la cir~ulation des produits aurait p:.i suivre celle brusque absorption du numér,tire insuffisant; de plus celle r.ir6faclion extraordinaire de l'or el de l'argent en aurait tellement accru la valeur que le prix des terres aurait baissé · en conséquence el qu'ainsi l'opération de vente aurait été désastreuse. Il fallait donc absolument créer un numéraire nouveau, ou pour parler plus exactement, un équivalent du numéraire. Il fallait une monnaie révolionnaire pour une opération révolutionnaire. Comment procéda la Constituante 7 Elle ne se trouva pas d'emblée en face de tout le problème : au lendemain du vote de la mémorable motion sur les biens d'Église, quand l'Assemblée, en décembre ii89, dut tout à la fois pourvoir aux beioins urients du
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