Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

1111s·ro1RE SOC!.\ LISTE ft31 de chaque commune le mouvement du prrsonnrl dirigeant el il faut esp<'·n•r que des chercheurs s'appliqueront partout à ce lrnvail. A Paris, le régime municiral ne fut fi,é Mci,l(·mrnt qu,• le :?1 nui 1,!•l. La loi con,acrail pour Paris les prinl"ipes t,énfrilu, nrpliqué, à toute la France. Elle remplaça les 60 districts J>ar 48 sections, cl c·e,t dans chacune de ces sections, que les élections eurent lieu. On poumil croire qu"aprè- It-, journées d'octobre où l'élément populaire a\'ait joué un rôle ,i d,.,f'i,if landi, que l'administration municipale al'ait ~tû si incertaine el si e1Tac, 1c, un courant démocratique plus Yif se marquerait dans les nouvelle, élerlions municipales. On pOu\'ail croire au-,i que la loi du marc d'argent, et l'arro 0 ancc de la garde nationale délerminerairnt parmi les citoi·cns actifs un mon,enl!•nt contre l'oligarchie bourgeoise pari-ienne. li n'en fut rien. Condorcet sai,it ra,-emblée de l'IIOtel-de-\'ill,• d'un mémo'r" où il JH",J• te,Liit fortement contre le cens d'éligillilité, ou lout au moins cuntrc -on eingtralion. li di-ail que la loi du marc d'argent Hait particulièrcmrnt dur,• à Paris, où la proportion des impôt:; directs était faible en r1•gar.J du chiffn• dl', impôts indirects, et où il était plu, dilficilr. par conséquent, d'atlt•indrc à un marc d"ar:;enl dïmJ)ôl direct. .\1,ii- 1 -· •111hléelai,,a tomber celle pro tesla lion. )larat in,·ita dem ou trois fois les pauvres à rel'encliquer, à e,iger leur droit d'électeur,, à se pré,enter, mah:ré ia loi, au, a-semblée, électoral,•,, pour prendre part au vole. Mais il n'él3it guère écouté encort', et sa ,oi, n"t•ut point d'écho. li dut constater lui-même, avec une sorte de désespoir, que la plupart des membre,- de l'ancienne municipalité étaient réélu,, notamment le maire Dailly, qu'il a1a1l si àpremenl allaquè; \'auvillit•r,, de la )lorinièrc, qu'il haï-sait. Au demeurant, le nombre de, \'Otanls ful très faiblr, c·est à peine si un quart ou un cinqui,'me des citoyens actifs alla au scrutin. Il nous e,t malaisé d'e,pliquer à distance celle énorme al.Jslenlion parisienne; elle surprenait les contemporains et ils n'ont su nous en donner la raison. Peut-Nre la longueur des opérations électorales, la fatigue des scr,·ices multiple, que la ltévolution imposait à la bourgeoisie écartaient du scrutin hcaucoup de bons Lourseois el boutiquiers de Paris, retenu, d'ailleurs p:ir leurs a1Tain•,. ,\près les élections municipales, en octobre 1700, quand les a--emhlt· s pri111aires se réunirent pour choisir rassemblée des électeurs char;;ée ile nummer le, adminblrateurs du département, les juges, les curés, le nombre des volants fut infime. Sur 78,000 citoyens aclirs in,crils tians les 4s sections de Paris, c'est à peine, cl'aprè:1 le tatJlcau dressé par M. C.:haravr.y, si 2,000 en moyrnne .un treulième) prirent part au vote; la proportion fut plus forte dans les cantons (:,anterre, Passy, Colombes, Saint-Denis, clc.); elle dépassa 2,000 pour 15,000 électeurs inscrits; mais ici encore c'est une fraction très failJle,un sixième à peine qui "°te.

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