IIISTOlllE snc1A LISTE 167 et allant de ville en ,·ille, 11 groupera autou,· de lui toute,; les forces nationales, et fera procéder s'il le faut à des élections nouvelle,. Plan audacieux, où le conseiller jouait sa tête el peul-Nrc cellP du roi! Mais plan contradictoire I Car si la royauté ne d•'rail dem:inder sa force qu'à la confiance du pays, pourquoi cet acte de défiauc,' envers la capitale du pays? Pourquoi fuir et dénoncer Paris" t:n roi qui n·a p)inl Paris n'a rien, et de quel droit suppos•'r que Paris ne soutiendra pas, comme le reste de la !~rance, un roi ,-rai ment fidèle à la Révoluti ,n? D'ailleurs que fera le roi, si Paris ainsi dé11oncé se ~oulève? Que fera-l-il si l'Assemblée hésite à se séparer de la force populaire de la capitale et à se mettre tout entière à la discrétion du roi consl'illé par Mirabeau? li faudra faire marcher des régiments contre Paris, c·est-à-dirc recommencer, ,ou, le nom et la rouleur de la n évolution, l'as,aut contre-révolutionnaire. Toutes les forces d'ancien régime, malgré le désa,eu du roi, l'auraient encoura:::é, enveloppé, reconquis, el )lirabeau, écarté hientôl du conseil royal, n'aurait servi qu'à donner je ne sais quelle apparence révululionoaire à un nou,eau coup d'l,;tat d'ancien ré1time. Je ne m'explique celle prodigieuse erreur mêlée à une grande pen~ée que par une douloureuse impatience d'ambition et d'orgueil. et au,si par un secret désespoir de jamais conquérir le roi à la Rfvolutio11 par des moyens réguliers el lents. Mirabeau supportait avec colère la pubsance d'bommf's comme Necker, comme Lafayette, qu'il jugeait médiocres. Il leur r,·prorhait rie ne rien prévoir, et de vine au jour le jour, contents de !Pur popuhrilé ,aine. Et peut-être en arrachant le roi à Paris voulait-il porter à lïnllueuce de Lafaiette, gardien du roi, un coup décisif. )lais surtout il pen,aiL que si le roi lui témoignait un jour assez de cou fiance pour quiller Paris sur son conseil, il élail à jamai, lié. Ainsi un l'erlige de con spi ration trvul.ilail la pensée forte de MiraLeau, et on peul dire que penda11t d1•sannées il a cotoyé un abime; on ne sait s'il raut admirer davantage la puissance de pen,ée de l'homme qui, porla11t en lu, uri lei secret, savait cependant donner à la marche de la llévolution un prodigieux élan, ou l'aberration d'un grand esprit üé1reux qui croyait d'un seul coup de surprise et rt'audace changer le de,tin. Non, il n'y avait point à ce moment cle génie, si étendu el si vigoureux f(lt-il, gui pt1l, par sa seule force, maîlriser ou ordonner les énergies confusf', de la Révolution en travail; les â[lres hauteurs de la pensér oe )lirabean sont comme perdues dans le vide. llenlrons dans la mouvante el mnlliplf' réarté. A la droite de l'Assemblée, je ne trouve aucune grande pensée polilique. L abbé Maury et Cazalès, le premier avec un mélange de rhétori,1ue ecc!,·,i~stique el de puissante familiarité; le second, avec une grande verve méridionale et une sorte d'entrainement de parole, sont seulrnwnl les orateurs de la rési~lance. Aucun plan de conduite. aucune vue d'avenir n'apparall en
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