338 lllSTOl RE SOCl.\ LISTE (oppres<io11: que pourrain1t-i/s donc devoir ù l'E"lat qui n·a rien (ail qIu cimn1trr lrur misèrr et ricN leurs (Ns; il.s ne lui doivent qur la haine ri lrs 11111lhlll'lio11s. Ah! Mlll'P:-lr, l' 1;·1111, t:OIIS à qui il assure un sort lranquillr et heureux : 11'exiqr: rien de nous, c"est bien assez que le dcslil1 aut'l nous ait réduit< à la cruelle nécessité de vivre parmi vous. " Yraiment, r·e,t comme le cri de désespoir de la damnation éternelle: c·esl le cri de haine de ces damnés de la servil u~e el de la misère qui n'onl même pa, la cunsolalion farouche d'être i,olé,: leur enfer esl traversé par l'éclata11Levi,iou des privilégiés cl des heureux. Pendant qu'une sourde l'ermenlalion se développe dans Paris ainsi agité par les motions du Palais noyai, par la misère du peuple, par les pNition, répélées des fcmm0 s, p1r les fureurs désespérées de ~laral, par les conflits de la bourgeoisie démocratique el de la bourgeoisie maJérée, éclate la nouvelle qu·un nouveau coup d'Elal de la cour se prépare. Le roi lardait à sanctionner la déclaration des Droits de l'Homme. ~lounier avait élé porté à la présidence de l'Assemblée par la coalition des mo,lérés et de la droite. El les mouvements de troupe recommençaient. Le régiment de Flandre, le régiment de ~lonlmorency, étaient, sur de, prétextes très légers, concentrés à Yersailles: un renou,·ellemenl partiel des g1rdes du corps devait avoir lieu à la fin de seplembre: on encadra les nouveaux et on gal'da les anciens comme pour doubler la force d'une troupe dévouée au roi el qui n'avail pas encore prêté le serment chique. De très no,nbreux officiers, dans plu;,ieurs régiments de l'armée, avaient re~u des congés semestriels el s'étaient rendus à Versailltlsoà affluaient aussi les gentil.hommes décorés de l'ordre de Saint-Louis. C'était comme une concen1ration de cou]) d'Etat: le bruit se répand que cel!e troo])e veut enlever le Roi, le porter à Metz oà le marquis de Bouillé commande à des troupes en partie étrangères: l'alarme est vhe ~ Paris, et les démocrates s'écrient, avec Loslalot que, pour se sauver il faudra encore • un nouvel accés de Révolulion "· Quel était aa Juste le plan· de la Cour? Ici' encore il est permis de croire qu·elle n'avait pas un dessein très renne etqu·ene ffollait, auendant des événements le mol d'ordre décisif. Mais les préparati(; suspects, les lntrigœ.s louche; n'étaient pas seulement un crime contre la liberté naissante de la nation : c·é1ail aussi une grande maladresse. Car les menaces de contre-révolution rapprochaient nécessairement dans un commun _péril les deux fraclions bourgeoises qui commençaient à se faire la guerre. Si la royauté arnil Né loyale, si elle avait observé sans arrière-pensée la Con-li lu lion el adoplô une marche franchcmenl révolutionnaire, elle devenait en quelques mois l'arbitre des partis bourgeois. l,c débat s'élevait entre modérés et démocrates, si âpre, si violent que le parti populaire dressait déjà uue li,le de suspects parmi les officiers de la garJe nationale accusés d'êlre des espions au service de la t:our. Mais l'imprudence et lïncohére11ce des
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