Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

3?? lllSTOlllE SOCIALISTE nale le temps de consommer leur ouvrage. On disait que la majorité des districts se refusaient à convoquer l'assemblée générale el extraordinaire, parce que l'arislocralie a jclé ses filets sur une grande partie rie ceux mêmes aux, quels le peuple n·a confié qu'unP. autorité provisoire. En(in l'indignatiôn·élail. à son comble. • De temps en temps, on entendait s'élever contre le veto un cri général auquel répondait le peuple qui étail autour du café: irait--0n à Versailles? Prendrait-on les armes pour y aller? Se présenterait-on ù l'Assemblée comme suppliants? En quel nombre marcherait-on? Les motions enfin avaient le même objet que la vbille, lorsqu'un citoyen (c'était Loslalol lui-même) cédant aux prièrei de quelques citoyens auxquels il avait proposé ses idées, éleva la voix; il ful aussitôt reconnu pour être celui qui avail ramené le calme au Palais-Royal dans l"affaire des gardes-françaises enlevés des prisons de !'Abbaye Saint-Germain. Il n ·avail pas reparu depuis au café; sa présence n'en fui pas moins d"tm bon augure. On Ill le· plus profond silence. Voici le sens el presque les paroles de son discours : • Tous les partis que j'entends proposer, Messieurs, me paraissent déraisonnables ou violents. On veut aller à Versailles? I~our quel objet? Pour forcer ou·pour gêner les délibérations de l'Assemblée nationale? )lais ne sentez-vous pas que si les opinions n'étaient pas libres, ce qui serait arrêté ne fournirait pas une loi? Abandonnez donc toute idée d'aller à Versailles. Cependant vous craignez que le ,•elo absolu ne soil décrété, parce que le nombre des députés qui a embrassé ce parli est considérable; mais d'abord quel droit ayez-vous sur les députés des provinces? Yous n'en avez aucun, et ceux que vous a\'CZsur les députés de Paris se bornent à examiner leur conduite, à les révoquer s'ils ne méritent plus votre confiance, enlin à leur expliquer voire cahier s'ils en prennent mal le sens au sujet de la sanclion royale. • Il y a, dit-on, plus de quatre cents députés aristocratiques. Eh bien 1 Messieurs, donnez aux provinces le grand exemple de les punir par une rév-0cation, mais cc n·esl pas au Palais-Royal que vous pouvez énoncer légalement votre opinion sur le veto, el examiner si vos députés sonl infid~lcs à leurs mandats; c'est dans les districts. • J'entends dire qu'il est difficile d'obtenir une assemblée générale extraordinaire des districts; qu'il est plus difficile encore d'obtenir que les districts s'occupent, comme par inspiration, des mêmes objets. • Je crnis, Messieurs, que si vous vous adressiez à l'assemblée des représentants, pour la prier d'indiquer une assemblée générale des districts, à • l'effet de délibérer sur le veto, el sur vos sujets de qiécontemenl contre vos députés, que vous l'obtiendriez. Alors vos délibérations seraien.l très simples, la Commune veut-elle ou ne veut-elle pas accorder au roi le veto, pour la portion qu'elle a dans le pouvoir législalif? Quelle plain le a+elle à former contre ses députés? Que leur reproche-t-elle? •

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