Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

JI ISTOIRF. sor.1., LISTE gence, la 1-(randcopération de crédit, raudacir•use entreprise capilalistr du banquier L:l\\. Il faut lire clans Ir curieu, journal dr )lalhiru Marais les violences des princes intervenant dans les opérations dr Law, al-(iolanl it roup sûr rl ajoutant an hénéfice de ces ~péculations efTrontérs k, h(,néfir,•s dr leurs monopoles sur des rnarchandi,es de tout ordre, Ir ,uif 1'I lé ftor. La noblesse française, qui déclame aujourc\ï111i contw 11•, financier, saur à épouser Icur;;fillcs, a donné au X\'111' siècle les plus ~ranrlalrnxrxrmplesdr, corrnption el ct'avidité monopoleu~e. Dans ccllr drrni~rr périorle cle ranrien régime, elle concrntrail en ses mains toutes les formes d'exploitation. Prndanl qu'dle prolongeait sur les paysans, par d'innombrables droits ffodaux, une partir au moins de la servilurle du moyrn àge,elle se glissait, avec une souplrssc N une impudence mel'\·eilleuses, dans Irs vastes ressource~ dr l'Etat monarchique et centralisé, elle épuisait le 'fré,or royal et elle traMformait en magnifiques pillages princiers les entreprisr, cln rapitalismr nais,anl. Ellr continuait re,ploitalion féodale du passé, dé,organirnil la force monarchique du pr<';enl el corrompait en son germe le rapilali,me hardi c1ni nr peul remplir sa fon!'lion. exaller les énergies, mulliplier les richcssrs el susciter la grande classr ouvri/>re par qui sera transformé le mondr, que s'il est protégé contre l'arhilraire seigneurial, etsïl se développe avec une comptabilité régulière et certaine. Par son obscur parasitisme féodal. par rnn éclatant parasitisme monarchique, par son immoralité financière, la noblesse alleignail ou menaçait toutes lrs forces vives de la France. La monarchie trop engagée avec elle ne pourra s'en lihérer.)lais contre celle nohlcsse meurtrière les bourgeois el les paysan, se soulènront en un commun efTorl révolulionnaire et ils aballront la monarchie, dupe tout rnsemhle et complice des nobles. lis se soulèl'eronl aussi contre la pui~sanre absolue de l'Eglise. Celle-ci au XYJU-siècle avait un énorme pouvoir polilique el une énorme richesse territoriale. Sans doute, elle était soumise il l'autorité royale : la déclaration du clergé de :1682avait affirmé les libertés cle l"Eglise gallicane el limilé le pouvoir de la Papauté sur les afTaires ecclésiastiques de France. Or, ce que perdait la Papauté dans le gouvernement de l'Eglise de France était gngné par le Roi, c'est-à-dire en un sens, par la France elle-m~me. Ce n'esl qu'au XIX' sircle que !"action ultramontaine s'affirmera pleinement dans notre pay~. Mais clic était clt'jà grande au XVIII• siècle. En somme, les jésuites avaient fini par avoir raison de Port-Royal el en a,aicnl dispersé les cendres. Dans la longue lullc entre le Parlement jan~éniste el les jésuites, à laquelle donna lieu la bulle Unigenil us,\la plupart des prélats el des prêtres se rangèrent du côté de Rome, cl les plus hardis oppo,anls furent réduits à équivoquer et à biaiser. M('mc après l'expulsion des jésuites en 1765, ceux-ci continuèrent à prêcher avec une sorle de hmvade et j'ai eu en main des manuels de théologie

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