lllSTOlllE SOCl.\LIS'l'E 287 droits féodaux, le rachat obligatoire des autres. El, d'autre part, le véh6ment orateur des paysans acceptait lui aussi l'idée du rachat. ;-.·yavait-il pas accord des paysans el des seigneurs·) De plus, par celle ~orle d'acceptation réciproque du rachat, le principe du contrat était respecté; les bourgeois, délenleu1·s de certaines rentes foncièrrs féodales, ne risquaient point d'ètre expropriés sans indemnité, et le sy,;tème féodal pouvait disparallre sans que les bases de la propriété bourgeoise fussent ébranlées. De là l'enthousiasme soudain de l'.\ssemblée, il lui semblait qu'elle allait éteindre tous les feux de guerre sociale allumés dans les campagnes sans exaspérer les seigneurs, sans méconlen Ler les paysans, sans compromeltre la bourgeoisie. Dans cet entraînement joyeux, il y avait certainement une noble part d'esprit de sacrifice, et quand le, nobles s'empressèrent de renoncer à leurs privilèges d'impôt el à leur droit exclusif de chasse, quand les prêtres firent l'abandon des filmes, quand les Yilles et les provinces vinrent sacrifier à la grande unilé française leurs privilèges et leurs coutumes, une joie fraternelle haussa un moment les cœurs au-dessus du médiocre niveau de la vie. l!ais ces mouvements sincères de sensibibiliié n·auraient pu se produire, si les solutions entrevues n'avaient apparu à Lous les ordres comme la garantie commune des intérêts. La noblesse était protégée contre l'expropriatio11 bru laie; el à l'abri des lois de rachat, elle pourrail conserver indéfinimenl ses droits, si le paysan ne le, pouvail racheter, ou les convertir en une belle indemnité. El le TiersEtal n'était plus obligé de prendre parti entre le droit slricl de propriété, que l'intérôt même de la bourgeoisie l'obligeait à défendre, el la force révolionnaire des paysans. Le plus exposé, en celle nuit du 4 aolll, ce rut le clergé; il lui était difficile de ne pas abandonner, comme la noblesse, les droits féodaux qu'il percevait comme propriétaire, il lui élail difficile aussi de ne pas accepter le rachat de la dime. Mais, pour le clergé, le rachat soulevail une question très délicate. li ne possédait que sous condition; tandis que les droits féodaux étaient la propriété individuelle et absolue des nobles, la dime n'élail perçue par l'Eglise qu'à la condition qu'elle assurât le service du culte. li était donc impossible de laisser à la disposilion du bénéficiaire le capital qui aurait servi à racheter les dîmes. C'eûl été convertir en propriété individuelle et absolue de chaque prêtre ce qui avait élé jusque-la la propriété du corps ecclésiastique, soumise à des charges déterminées. Le clergé le sentait bien, car lorsque l'évêque de Nancy, dans la nuit du 4 aoùl, demanda le rachal pour les fonds ecclésiastiques, il ajou la : • El je demande que le rachat ne tourne pas au profil des seigneurs ecclésiasliques, mais 11u'il en soit fait des placements utiles pour l'indigence. • Seulement, si la propriété ecclésiastique n'avait pas le même caractère
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