Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

20 JIJSTOII\E SOCIALIS1'E rommrrçanlr rt t'(\nti 1 \rr ta ~(•cnrilé dam:. IP tr;1vail,la ~crnpu1<"uscob~crvtttion dt•~ contrat, puhlks rt 11n1' gr.:tion (\<•0110111r rt ~('vl:rc dr~ ,lcnirrs de r Etal, il r,t fMl probable 11ur la Hi"•,olution dr· 178() 1i'rùl poinl êi'laté. (Ju·on ~f' figure Jrs roi-:.{!(\ Francr a11 xn1e rt au xn11e ~ièclrs ayant l'rspriL ,rrronomir de Fr,,,kric t l rt (1,, ,nn p,'rr, la frrnwlé dr Jo,rph Il cl'Autriehc, ,le r.uslaYr clr Su/>d,· i'l du roi ,1,· Porluf(al i'Onlrc les nohlr!\ rl Ir:; moines. Qu·on imnt!'inr notre a11riPn11P111011ar,·hira, vec sa forer ~t'·rulairc rl son prrstigc prP::;qur :--acrt', jouant <l.in:-- la France mo<lrrnP un rôlr modrrnc, clic aurait probahlemcut ronduil notre pa) - jusqu·au ~ruil de la llévolution prolétarienne. Elle ;.crail clrvenuc )11onar('hie capitaliste cl bourgeoise, cl n·aurail di,paru qu'awc la clcrnii're clrs autoriti•s, celle du Capital. .,lais la royauté franç,1i,e n·a pas eu rrlte forer clc conception el de renouvellement: et ~an, doute clic en Nait hi,toriquemenl incapahlc. Elle était trop ,·i,•illr rt trop liée au, antiques pubsanc••s pour saccon,- modcr aux temps nouveau,. Le roi de France élaiL firr d·,,1re Ir premier des noble,, le noble· ,les nobles. JI abatlaiL les tc'li's de:; grands feudataires révoltés, mais il ,n-ail hf,tr. pour sarnurrr rl pent-ôtrc pour légitimer pleinement rn victoi,·e, dl' reformer une cour noble anlour lie lui. La victoire cle la monarchie, si elle eût ahouti ü la di,parilion de la noblesse, etll sen,hlé ;\ no~ rois rn,-mhnN une llfrlH\rnre rl JH'csc1ue un scandalr. N'auraienl~i1~ pth éti"· dr~ pan·,~nth !->'ilsa,,ii,•1ll <li·raciné crt arbrP de nolJlcssc clc,nLle pou,·oir royal avait i"·U·, it l'origine, la plus haute branche? On po11\·ailhie11fa,·orbt'r l'inclu:-lriP b1H1rgrois<1aippeler dans Ir~ ministères dr, commis hourrsrois, mai, ln nohle,,c devail rester non seulement comme un fnsturu, dclcor. mais comn,e un rayonnement de la puissance roy,,lc clle-mè111r. Le Hoi Soleil rnulail 1·éOéd1ir sa gloi,·r "'" nrmoirie, des vieilles familles, et on rk, in~. à hirn <If':; mol~ fif• Lo11i~X\ï 1 q11r Ir roi ~rrrurirr lt1i~ml'rnt 1 con-.:icJérail a $Uppr(•-.:.:iond1•::p:,r;h iU·~r..;, <1,• noliJr...,.c comme tllH' clirninulio11 lie !-Onpropr<' patrimoine :'o:al. l)p plu-.. ln Fr;1nre, en raismt 111t1rès médiocre accueil à la Jlérornw, avail r(''.":-rn6 IC'slien~ clf• sa rno11archic rl de l'Église -eatholiqur. Lrs rois dr F11111rr 11·r1ai,·nt p;1, plus dbpos(•~ à ~r lah-~rrdomrsliqul'r par l'Égli~r fp1r ()ilr les 1101111•,; niais ~k ml·rnc <JIIÏls ~f' pl.ih•aicnl à réperculrr leur édal <1,111, leul' füli•l(• miroi1· de noble,~e. ib sr plaisaient à cmprunler une sortç clc maj,•,té surnaturelle cl de' tit,·c clivin au Dieu donL l'Églisn perpétuait la parolr : livrer la noblrsse cl l'Église aux coups de la bourgeoisie cl ùe la penstlr libre, c·c,ot été, pom 110srois, éteindre toutes les gloires c1ui leur vcnaicn l clc la terre el du ciel. Aussi furent-ils ronùamnés ü une poliliqur incc1'Laine cl contradictoire. D'une part, ils refoulaient le pom oi,· de la nohlcsse cl contenaient le pouYoir de l'Église autant q uïl leur parai:"ail néce~sairc it ln grandeur cl ;\ la liberté du pouvoir royal. D'autre part, ils n'osaient demander ni à la noblesse, ni à

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