____.,,,. 208 HISTO!f\E SOCIALISTE sera au peuple révolulionnaire J'ofîcnsive déclarée. Le grand ressort de la pui:;sance royale est cassé dès le i4 juillet, ou loul au moins si bien forcé qu'il ne se relèvera plus jamais entièrement. El déjà, dans ces journées mêmes de coup d'Etat el d'agression, une sorte de paralysie se faisait sentir ... Pendant que la Dastille élail inveslie, ni Duser,val, ni le maréchal de Droglie ne se risquèrent à prendre le peuple à revers. Qu'attendaient-ils el pourquoi donnaient-ils à de Launay l'ordre de tenir jusqu'au bou~ au lieu de se hâler à son secours ! EYidemmenl une crainte toute nouvelle des responsabilités avait envahi ces cœurs routiniers, qui n'étaient habitués qu'à une forme du péril, el le vaste soulèvement de tout un peuple, sans abolir leur courage, le déconcertait. Leurs inslrur,lions d'ailleurs devaient ôtre vagues. Dès le 14, Louis XVI répond aux envoyés de l'Assemblée qu'il est impossible que les événements de Paris soient la suite des ordres données aux troupes: quel était donc le plan du Roi? Peul-être, pour rassurer sa conscience, avait-il systématiquement refusé de prévoir la suite probable des événements. Peut-être s'imaginait-il que Paris, terrassé cl comme aplati par la seule prMence d'un vaste appareil militaire, cesserait d'être pour l'Assemblée un secours tumu llueux, cl que ~elle-ci, sentant désormai,; sur elle le poids mort de la capitale immobilisée, marcherait inccrlai ne el lrélmchante, prèle à tomber au moindre choc. Le Iloi, averti par la journée du H, apprit à compter avec la force de la Ilévolulion: il rusera avec elle ou appellera contre clic les grandes armées de l'étranger: mais dès ce jour il renonce à toute agression directe, à toute o!Iensive déclarée. L'Assemblée, ayant toujours à déjouer l'intrigue, mais n'ayant plus à redouter el à repousser la force royale pourra entreprendre la lutte contre une autre grande puissance du passé, l'Eglise. En même temps qu'elle libérait ainsi l'Assemblée nationale la journée du 14 juillet donnait au peuple une première conscience de sa force, et à Paris conscience de son rôle. Certes l'Assemblée reslail grande: pend.rnt ces jours de tourmente c'est vers elle que le Comité pPrmanent des électeurs députait • sans cesse, cl la Révolution parisienne ne se sentait vraiment légitime et forte que par son contact avec la Rèvolution nationale. D'ailleurs, l'Assemblée elle-môme avait donné la première de beaux exemples de fermeté el même d'héroïsme. Son serment à la ,alle du Jeu de Paume, sa résistance sereine et invincible après la séance du 23 juin avaient électrisé tous les cœurs, et les plus intrépides comliattants de Paris n'avaient d'autre ambition que de se montrer dignes des grands bourgeois révolutionnaires qui, sans arme, et par la seule force du droit et du courage, avaient vaincu. Il n'en est pas moins vrai que seule el sans le secours du peuple de Paris, l'Assemblée nationale aurait fini par succomber. Ainsi la Révolution qui
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