18 JTJSTOIIII> SOCIALISTE pour le gihirr. Le rapporleur de la Con,til11anlr (•n1luail it JO millions par :rnnér lr dommage ain~i causé par le srignrurial plaisir clc la chasse aux cul• livateur~. Ainsi sur Ioule force nalurrlle, sm loul ce qui vri::i•le, se meul, respire, Ir clroil féodal a (•lrndu ses pri•es : sur rean drs rivi~rr, poisson,iruses, sur le fru qui rougroie dans Ir lom el c11il Ir pau,·rc pain mt'•lé <famine el d'orgr, sm lr vrnl qui !ail loul'ller les moulins à hlé, sur le vin qui jaillit du pressoir, rnr le gihicr 1sourmand qui rnrl drs lor<'l, ou des hauls herbages pour ravagrr lrs polagers cl IN champs. Lr pays,u1 nr peul faire un pas sur les chemins, franchir l'élroile 1'ivièrc sur 1111 ponl de bois lrrmblanl, achelrr an march(• dn village une aune cle drap ou nnr paire clr sahols sans rcnronlrrr la ffoclalilé rapacr cl La,,uine; cl s'il veul rusPr awc elle ou si~plcmenl se dèlrnclrr conlrc clr nouveaux abus, 1111 autre gibier, crlui cles gens de juslicc altachés au juge sci!(1irurial, clercs impurlenls, huissiers faméliques, altaqnc à brllrs (l('nls cc qui lui reste de recolle et de comage. Comme on de, inr les colères qui s'accumulent! cl comme les paysans doivent /'lrc prNs à un soul/>,,rmcnl presque unanime! li ne leur manque qu'une chose : la confianrr en soi. rrspoir de se lihérrr. ~fais bicnlôl les premiers coups ile tonnerre de la né,·olulion, frappant d'épouvante les hauls pouvoirs dorés qui mainliennenl le privilège, <'Yeilleronl l'espérancr paysanne. Elle secouera le long sommeil séculaire el sr dressera avec un cri lcrriblc, répondant par le farouche éclair de ses yeux aux lueurs d'orage cl de liberté c1uiviennent de Paris. )1ais si la puissance féodale des nohlrs e:;t enwloppanlc el malfaisante, si elle hlessc le paysan en Lous les points de sa vie rl l'irrile là m~mc où rllc ne l'opprime pas, il faul bien se garder de croire qu'elle soil, à la veille de la RéYolulion, la force principale d'oppression. Si lrs nobles n'avaient eu. en Ji89, que ce qui leur reslail dr droit féodal, ils n·auraicnl pas pc,é sur la société lran~aise cl sur le travail agricole d'un poids aussi écrasant. En lait, la féodalité avail élé frappée à morl par la monarchie avant d'être achevée par la Révolution. La noblesse avail dù ahandonncr aux rois presque Loule sa souvrrainrlé. Elle avail dû abandonner aux bourgeois mrichis par l'industrie et le commrrce une part notable de sa propriélé. La pclile cl moyenne noblesse, toute celle qui ne s'élail pas soutenue par les grandes charges, les emplois de cour, les pensions, les s1iéculalions de finance, élait à pru pri's ruinée; entre ses revenus stationnaires el l'cnlralncment croissant de la déprnse, elle ava1L perdu l'équilibre. Le marquis ùc Douillé conslalt, dans ses mémoires que les manufacturiers cl les financiers avaient acquis beaucoup de terres nobles. Les droi1s féodaux vexaient el hurniliairnl les culliYaleurs : ils leur labaic11l hcauwup de mal en entravant leur activité; ils les afOigeaienl en
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