Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

:11\ IIIS'l'OlllE SOCIALISTE ticuliprs en jouissent et les payent, que ces fermiers sans en rien payer et que ù·,,,i Iai,;scr perdre le fonds; mais notre paroisse n'est soutenue de p"rsonnr et nous dépendons tous, de ces seigneurs el de ces fermiers : c'est pourquoi nous profitons des États-Généraux pour vous représenter.combien la petite populace e,t lésée dans beaucoup de paroisses. On devrait pourtant bien jeter les yeux sur la misère du menu peuple ... ;\'.ous vous déclarons que quantité de terrains en mauvais pâturage produiraient beaucoup plus d'èlre mis en culture que de rester en l'étal où ils sont. Voye:; les environs de Pari.'; ton arrache j11,q11'1111t pirrres et roches afin de pouvoir mettre soit grains ou b'oumes à la place: on ne laisse point dans Loul le pourtour ce Pdris à deu, ou trois lieues, on ne laisse aucunes terres en pâturage, quoi JUC étant chargé immensément de vaches; dans un pays comme le nôtre, on peul faire des prés arti0cicls, comme luzernes, trèfles, fèves, foins, escourgeons, pois et vesces que l'on fail manger en verl aux bestiaux; il produit beaucoup plus d'herbages que des m-1rais. • Nous avons aus.,i dans notre pa,·oisse, tenant aux commtmPs et qui en dipendent, six arpents cfr pr,:s qui produisent de très bons foins, dont /e$ uiq11e11rsse sont emparés et qui SP partagent la dcolte entre eux, ce qui ne leur appartient non plus qu·au, habilanls de la paroisse. Ges prés, s'ils élaienl loués ou donnt1s à rente au profil de la paroisse et les seigneurs .se l'o11tapproprit' eux-mêmes. " • El les pauvres paysans de Yair,•s terminent en assurant de leur éternelle rcconnaiss•rnce ceux qui « leur feraient remellre de quoi pouvoir faire donner l'éducation nécessaire à leurs enfants et moitié de lew· vie •· Ainsi, tandis que tous ks no!Jles demandent le partage des !Jicns communaux pour exercer leur pr6lendu droit de triage cl tous les « droits ,, que leurs commissaires à terrier exhument ou fabriquent pour eux, tandis quo le tiers élal des villes est hésitant cl incline vers le partage loul en protestant contre les usurpations des seigneurs, tandis que dans la plupart des communautés rurales les paysans disposant d'un peu de bétail, sont énergiquement opposés à la décomposition du domaine commun, il y a quelques communautés où les paysans très pauvres et démunis de hélai! réclament le partage afin de pratiquer sur le domaine commun approprié el transformé la cullurc intensive. Au fond il n'y a pas contradiction entre les vœux des paysans. 'fous ils aspirent à ressaisir sur les seigneurs les biens communs audacieusement Yolés. 'i'ous ils aspirent à la jouissance de l,1 terre, ici sous forme collective, là sous form~ individuelle. El même, chose bien frappante, ceux qui demandent le partage des communaux semblent éprouver quelque scrupule. Ils ne voudraient pas que celle appropriation ingividuelle fl1l brutalement égolsle. Ils olfrent de payer une rente à la paroisse, pour des œuvres de soli- <larité, de mutualité et d'éducation.

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