Jean Jaurès - La Constituante : 1789-1791

198 ll!STOIRE SOCIALISTE nécessai ·es. En conséquence, ils ùemandent pour eux el pour leurs voisins que ccl avantage leur soil rendu. • Enfin, les habitants de Pont-l'Év~que demandent que la vaiuo ptllure ,;'étenùe nu delà de la limile des paroisses : ce n'est rius clu communisme local, c·esl une sorle de communisme régional qu'ils voudraient instituer en cc qui concerne le p,\lnrage. • Les haiJilanls de Ponl-l'El'ôque el plusieurs désireraient que le parcours rut général el réciproque entre tontes les comm11naut,',, cc qui paraitrait as,ez juste. Tous les haiJitan!s sont sujets du :\r,i e/ pour mieux dire de la mime famille. N'est-il J)as juste que le$ âva111aqes qui s,,n/ ,·e(usis à une p11rtie du terrain JJOUrla nourrittll'e des bestiau~cpui..;'lf!lltse recoun•f>,s• u,· un lerrai,i voisin qui a du suprr/lu? » J'ai tenu à mnlliplirr les cit1lions, car il faul que les pay,ans parlent, pour ain-i dire, dans celle hbloirc cl raconlenl l'expropriation qu'ils onl sul,ie. Il c,l clair que rlrpuis le moul'ement de l'agricullurc intensive et l'édit ùc iîîi sur les clôtures, qui efl une suite de ce mournmenl, la vainc pâture était menacée : el elle a reculé d'année en année. Encore une fois, je ne prétends ras que son maintien ft\t condliable avec rexpluitation intensive du sol, cl c'c,l as,urémc11l sous d'antre, formes que le socialisme appellera les paysans à la copropriété de la terre : il n·y en a pas moins lù une dépo,session qui est un titre de plus aux p,oh:laircs rurnux pour les rcYenùications fulu~cs, Dans celte lutte des paysans contre la propriété toujours plus exclusive, 1our le droit dl:! pâture, ce sonl surtout les seigneurs qu'ils rencontrent ,1e1anl eux. 0ans Je glanage, nous avons vu quïl y avait souvent conflit entre ks pau1Tcs du 1illagc ·et les riches laboureurs du Tiers Elat, les proprié • tairrs p~y,ans, el même les seigneurs faisaient mine parfojs rlïnlcrvenir au prdit des pauncs : c·esl que les terres à IJ!é ap1,artenaient, pour la plus ;rranùc pa11, au Tiers Elal. Au contraire, les bois cl les prés sur lesquels s·e\crç:.il le ùroit traditionnel de la vaine p:llurc appartenaient surtout à la noiJlr,,c cl au clergé. Duponl de ;:,iemours nous donne, à cet égard, des chifircs très i11tér~s.. anls : • Les bois, les pré,, les étangs el autres IJiens de pareille nature, ne rayent poi1Jl de taille d'exploil~lion, mais sonl soumis à une taille de propi iété lom1u'ils llpparlienncnl à l'ordre laborieux : ils ne sonl soumis à aucune taille lorsque le propriétaire esl noble, ecclésiastique ou privilégié, et cette espèce de biens (omie la plus grrt11departie de la richesse des o,.dres supérie11rs cl, par conséquent, une partie considérable de la richesse de la nation puisque, p10portionnellement, ces ordres sont de beaucoup les plus -i·ichrs. • Les écrivains el les administl\lteurs qui ont fait le plus de recherches sur la ,aleur des récolles el des revenus du royaume, évaluent à 490 mil- .!iClllsle produit Lota! des prairies el à 120 millions seulement les frais d'arrosage, de garde el de fauchaison; ce qui laisse 370 millions pour le pro-

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