LE CONGRÈS SOCIALISTE 737 prolétarienne, on chercherait en nin une indication précise de ce qu'il faut entendre par classe sociale, surtout par le terme « classe bourgeoise » appliqué à l'ensemble des catégories économiques dont se compose la classe possédante. On devait aborder l'attitude à observer par le parti socialiste en face des partis bourgeois, quand un conflit éclate entre ces deux derniers, on a passé sous silence cette question, pour ne pas envenimer les divergences d'opinion personnelles relatives à l'affaire Dreyfus. Du moins aura-t-on pu traiter la question au point de vue théorique. L'affaire Dreyfus, comme toutes les grandes crises qui mettent. aux prises des fractions <le la classe possédante, a fait éclater des dissidences politiques profondes que les tenants du matérialisme économique doivent expliquer par les oppositions sociales intimes existant au sein de la classe possédante. On aurait pu trcs bien écarter la discussion portant sur le point précis relatif aux polémiques particulières à i'affaire Drey'fus, pour aborder la discussion générale des causes sociales internes qui provoquent à une heure donnée les crises politiques en apparence étrangères au prolétariat. Mais sauf Révelin et Jaurès, qui firent allusion aux contradictions d'intérêts entre la classe féodale et la classe bourgeoise, tous discoururent sur la lutte des classes et la bataille engagée entre la classe capitaliste et la classe ouniére, comme si la première formait un bloc toujours compact. Une tdle simplicité <l'observation étoimera ceux qui connaissent la theorie historique de Marx. Lafargue, qui cependant se reYendique d'elle exclusivement, n'a pas trouvé d'autre explication, pour qualifier les luttes entre conser\'a• teurs et libéraux, réactionnaires et républicains que celle-ci: Les partis bourgeois se « chamaillent », mais au fond, ils sont d'accord pour faire cause commune contre la classe ouvrière. C'est exact; en partie seulement, puisque nombre de lois amèlioratrices des conditions de la classe ouvrière ont été édictées par l'un des partis bourgeois, à son avènement au pouvoir ou à la direction gouvernementale. Encore aurait-il fallu dire comment des conflits politiques peuvent éclater au sein d'une classe sans le mobile économique qui, scion la doctrine de • Marx, est à la base de tous les conflits et quel résultat le prolétariat, résultat favorable ou dommageable, il peut attendre de ces dissensions. On préféra argumenter par axiomes, par propositions aprioriques et le débat, je le répète, manqua de profondeur. On s'en convaincra à_ la lecture du compte rendu. Le danger de ces affirmations simplistes est d'autant plus grand que si elles comportent parfois dans la pensée de ceux qui les énoncent des restrictions et des réserves sous-entendues, elles sont prises au pied de la lettre par les intelligences simples et frustes auxquelles on les donne comme le dernier mot de la science sociale. C'est 4ï
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