La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LA XATCRALISATJON DES JUIFS ALGÉRIE~S 701 ~fais il y a des familles juives qui ont perdu des leurs sur les champs de bataille. Ils ont conquis, ceux-là, leurs droits de citoyens français! Si, lorsque vous les avez accusés il cette tribune de làcheté, l'un d'eux s'était trouvé dans cette salle, il aurait eu le droit de se dresser devant Yous et de vous dire : Nous avons 1::téà l'armée de la Loire et il l'armée de l'Est; vous n'avez été 'ni dans l'une ni dans l'autre de ces deux armées. De quel droit parlez-vous ainsi de notre patriotisme? ( Appla11disse111e11ts ù l'extréme gauche et sur divers ba11cs ù gauche.) Il ne faut jamais porter de ces accusations collccti,·es contre toute une catégorie de citoyens (Appla11disse111euts); il ne faut jamais se faire un tremplin des choses qui concernent la patrie. (Applaudissementsvifs et répétés à l'exti-énze gauche et à gauche.) Et, messieurs, est-il vrai davantage, comme vous le disait hier M. Morinaud et comme YOUSl'avait dit avant lui M. Marchal, que non seulement les Juifs en 1870 n'aient pas fait kur devoir, mais encore qu'ils ne l'aient pas fait en 1871? Malgré la documentation abondante que j'ai réunie, comme je ne veux pas fatiguer ,·otre attention, j<.p: asse très rapidement; j'ai h des constatations . faites par des officiers qui, en 187r, commandaient des compagnies où il y avait des Juifs. J'ai également une constatation de M. Vuillermoz, maire d'Alger, qui rappelle que lorsque les Arabes pillaient les colons, les Israélites ont été les premiers à venir au secours des colons français. Ils se trouvaient dans les compagnies de milices en même temps que M. Marchal, et voici, entre autres attestations, ce que dit un de leurs officiers : « Les miliciens israélites mobilisés pour le service au dehors, ont rempli leur dcrnir d'une manière irréprochable pendant la durée de la campagne it laqu~lle ils ont été appelésitconcourir; pas un d'eux n'a été l'obje, d'un. blâme ou mémc d'un simple reproche pour affaire de service; pas un seul d'entre eux n'a abandonni: son poste ou la colonne pendant l'expédition. » Ce sont des officiers français et chrétiens qui font cet éloge de la conduite des Juifs, en 1871 ! (Vifs appla11dissc111rnls ù ga11che.) De 1\1. Morinaud il suffira de dire qu'il était retenu par ses devoirs de conseiller général aux époques d'appel des ri:servistes, et dans son journal un de ses acolytes écri,·ait récemment : « Les voitures d'ambulance sont bondées d'ignobles amas de Yiande de Juifs. » Le signataire de ces aménités n'a jamais fait son service militaire', pas plus que son frère, directeur de la Si/houe/te. Ainsi, de tous les griefs amoncell'.:s par les antisémites, il ne reste pas, - comme dirait élégamment M. Régis Milano, - un fet11s(sic) de paille. Et maintenant,J cette question que nous avions posée des le début le Juif alaérien est-il assimilable comme homme, comme citoyen , 0 et comme soldat, nous laissons le lecteur répondre lui-même. LoliIS Du RIEU. (La fi11 prochai11e111eut.)

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