LA REVUE SOCIALISTE de la naissance, ont toujours bé sacrifiés et ont laissé aux autres les honneurs, les bonnes places, les fayeurs, se contentant de voter constamment en n'.:publicainsloyaux. XI Encore une légende qui disparait: décidément les Juifs n'ont pas tirs'.:à eux toute b nappe. Ils n'en ont même pas un pan et:\ moins d1.: soutenir qu'il faut massacrer toute une population parœ qu'un· ministre maladroit a eu la faiblesse de décorer un président de consistoire comme E:111oui, on doit conclure enfin que les « priYiléges odieux >>dont parle M. Morinaud n'ont jamais existé que dans l'imagination originale de l'orateur éminent qui décounit en un beau mou\·emc-nt d'éloquence« les Francs-Comtois de !'Hérault>> (1). On est presque aussi fort en géographie de la France dans le grand parti français qu'en langue française. Mais enfin :\!. i\Iorinaud lui-même a parfois des éclairs de bon sens:« le droit de conquête, dit-il, n'existe qu'à la condition d'ètre plus juste ,>; il préconise « l'acceptation de tous les élcments gui \'Culent dcY1.:nirFrançais>> et il ajoute : « Il Yous sera bien difficile de refuser comme citoyen celui que Yous ayez accepté comme soldat. >>Or depuis trente ans, les Juifs sont acceptés comme soldats; donc i\l. Morinaud s'empresse ... de les« rcfuser comme citoyens>>. Quelle mer\'eilleuse logique! Plus on étudie la mentalité des antijuifs, plus on fait d'admirables découvertes. Il est nai qu'ils s'empressent d'ajouter qu'en temps de guerre le Juif n'est ni soldat ni marin, - ainsi Yaticine M. Marchal - et qu'en temps de paix il est dispensé ou fricoteur. Et là-dessus on cite certains documents partiels desquels il appert que l'israélite indigène est la plupart du temps réformé pour vice de constitution. Il parait qu'il faut être bien portant pour être bon citoyen et en fait de justice, MM. les antijuif~, qui comprennent encore à leur manière l'humanité française, n'ont pas assez de dédain pour toutes ces malheureuses victimes de la misere physiologique, pour tous ces indigents qui arri,,ent épuis<'.:sa, ffaiblis, décharnés devant le conseil de reYision. Ces ploutocrates que toutes les misères ont rcduits au rachitisme ne méritent que le m.'.:prisdes beaux hommes que les Maltaises et les Espagnoles suiYent en foule comme M. Régis Milano. Mais enfin est-ce qu'on propose en France d'enlever les droits civils et politiques aux scrofuleux, aux rachitiques et miséreux: et devra-t-on rayer de la liste (3) Dis~ours de M. :Vlorinaud, séance du 19 mai 1899.
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