LA RE\'UE SOCIALISTE j'ajoute-je vais le prouver dans un instant-que cc qui s'est passé à la mairie <le Constantine est exactement l'image de cc qui se passerait en Algérie si l'antisémitisme triomphant a,·ait complètement chassé les Juifs de tous les emplois qu'ils occupent. M. le gouverneur général a bien voulu, en effet, me communiquer - bien tard - quelques chiffres. A cet égard, j'ai une observation générale il présenter sur toutes les communications <lu gouverneur général. Je lui reproche, dans des matières aussi délicates, <le nc pas renseigner suffisamment et le goll\·ernement et les députés qui lui demandent des renseignements ... (A101rve111mdlis1•l'rs.) Messieurs, attendez, vous allez voir : c'est un reproche fait dans des termes, me semble+il, qui peun:nt l:tre ;idmis par !a Chambre. N'ous avons tous cru longtemps, et il y a encore ici beaucoup de gens qui croient qu'une p;irtic des griefs imputés aux Juifs sont fondés. Si M. le gou,·erneur général avait dès le premier jour, ou si les gouverneurs généraux avaient des le premier jour où la question juive s'est posée, montré quelle était la situation réciproque des diverses catégories de populations qui sont sur le sol algérien, bien des malentendus, bien des mensonges et bien des calomnies ne se seraient pas produits, p;irce que, le plus souvent, ce que l'on apporte, soit dans les livres, soit dans les journaux, cc sont des faits absolument inexacts. Ainsi i\I. Morinaud prétend - j'ai là sa phrasc même - que les Juifs non seulement drainent par l'usure tout l'or du pays, mais qu'cncore ils envahissent nos administrations, occupent tous les offices les mieux rétribués, ne laissant aux Français que des emplois difficiles et peu rétribués. Eh bien! j'ai dem;indé à i\I. le gom·erneur général de vouloir bien me fournir un état détaillé de la situation respective des employés français, naturalisés et Juifs. les chiffres que m'a fournis ~I. le gom·erneur général sont absolument insuffisants, parce qu'ils donnent des chiffres globaux, et qu'ils n'indiquent p,t5 la part budgétaire afférente aux emplois. Néanmoins, malgré cet incon\'énient, et gr,ke à quelques renseignements que j'ai pu recueillir, je vais vous faire toucher du doigt combien inexactes sont les allégations apportées à cette tribune et par i\l. Morinaud et par M. Marchal. Il y a en Algéric 17,843 fonctionnaires; je vous prie de retenir ce chiffre sur lequel j'aurai l'honneur de re\'enir tout à l'heure. Sur quatre ,·otants, ne l'oubliez pas, messieurs, sur quatre votants il y a un fonctionnaire qui défend sa place, un autre qui veut la lui prendre, un troisiémc qui est retraité, et un quatrième qui est tiraillé entre les trois autres. i\1. PAUL DE CASSAGNAC-. Et tous républicains! M. GusTA\"E RoUANET.- Oh! cela leur est égal; ils n'ont pas d'opinion. i\L NAPOLÉONi\IAG:-JE.- Tout cela n'est pas la faute des antisémites, c'est la ùutc des principes républicains. (Bruit.) ~L Gc:STA\"ERoUANl:.T. - Sur ces 17,8 4 3 fonctionnaires, combien y a-t-il de Juifs? li y en a en tout 256, alors que les Juifs fonm:nt le ncuvi0me <le Li population française. Ne voyez-Yous pas tout de suite quelle plaisanterie macabre il ~- a <lans les affirmations apportées à la tribune que les Juifs chassent des administra-
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