La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LA ~ATURALISATIOX DES JUIFS ALGÈRIENS excluait toute idée de faveur ou de privilège; on l'a jct0 à la rue, et M. ?llorinaud a fait à ce (( sale Juif» un grand grief. Il n'a pas eu la pudeur de s'en aller, disait-il, de quitter son emploi. Ce « misérable capitaliste » est_resté jusqu'il cc qu'on l'ait mis i1 la porte; il gagnait 1 50 francs par mois! Vous comprenez quelle épuration pour le budget algérien que le renrni de cc Moïse Abda, père de famille ! Il y avait encore un agent de police comptant vingt-trois ans de services, qui a été également congédié, aux applaudissements de bandes faméliques ... ?11. PAUL DE CASSAGNAC-. On a traité les Juifs en Algérie comme on traite les catholiques en France. ( Très bien! très bien! à droite. - Mouvements divers.) :-1. LEROLLE. - De modestes fonctionnaires de b ville de Paris ont été chassés de même, parce que leurs enfants allaient à l'école des sœurs. Et vos amis, monsieur Rouanet, ont approuvé cela ! \' ous ne YOus indigniez pas, alors. (Très bien! très bien! à droite. - Bruit.) 11. GUSTAVEROUANET.- Je suis très heureux de constater la solidarité de ce coté de la Chambre (la droite) a\·ec les antijuifs. (Vifs appla1ulissc111wts à /'extrh11egaucbeet sur divers ba11càs gauche. - Bruit à droite.) JI!. PAUL DE CASSAGNAC-. Il est absolument impossible il cc côt~ de l'Assemblée (la dro;te) d'accepter les paroles qui viennent d'être prononcées -par M. Rouanct. Emre nous, catholiques, et les Juifs il n'y a d'autre solidarité que celle des mauYais traitements qu'ils subissent, eux en Algérie, et nous en France, de votre part. (Applaudisscrnentsà droill'.) 11. GusTAYE RouANET. - Messieurs, j'ai voulu constater simplementet les paroles de M. de Cassagnac ne vont pas à l'encontre de ma constatation - que vous approm·ez des méfaits comme ceux que je viens de signaler il l:i Chambre. (Très birn ! tr.:s bien! ci gauche.) :-1. PAUL DE CASSAGNAC-. Non! non ! M. LEROLLE. - Nous disons que vous, vous n'avez pas k droit de vous en indigner ! ?vLPAUL DECASSAGNAC-. J'ai le droit de dire que ce que vous reprochez aux antisémites d'Algérie de faire contre les Juifs, vous, qui prétendez faussement être des libéraux, des amants de la liberté, vous le pratiquez contre les catholiques, en France, avec le même despotisme et la même tyrannie. (TrJs bien! très bien ! à droite. - Bruit à gauche.) 11. EUGÈNE FOURNIÈRE. - li est bien reconnu, n'est-ce p.1s? que le gouvernement empêche les hauts fonctionnaires d'envoyer leurs enfants chez les congréganistes? (Bruit.) M. MoRINAUD. Voulcz-\·ous me permettre un mot, monsieur Rouanet? M. LE PRÉSIDENT.- Je vais vous inscrire, monsieur Morinaud. Cela vaudra mieux. M. MoRINAUD. - Je voulais simplement dire à M. Rouanet que je répondrai sur tous ces points. M. GusTAYE RouANET. - Messieurs, on a mis sur le pavé de Constantine quatre Juifs qui étaient employés à l::t mairie et dont le traitement, sur un budget total ·de plus de 300,000 francs, n'arrivait pas ù 8,000 francs. Et

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