LA >IATURALISATIO:--- DES JülFS ALGÉRIENS l'abrogation_ du décret Crémieux - ce qui était une solution insuffisante q11i ne comptait pas - on poursuivrait la reYision des fortunes privées et l'expulsion des Juifs. Et que lisais-je dans la Dlpécbe algérim11e? Que M. Morinaud, très acclamé à Alger, venant de Constantine, montait à la tribui1e et disait que « s'il avait connu à ~e moment les incidents qui s'étaient produits à Alger, ses paroles n'auraient pas été des paroles de calme et d'apaisement». Il exposait ensuite le nouveau programme sur lequel denont se faire les prochaines élections législatives : « Abrogation du décret Crémieux, premierpoint et, deuxième point : revision des fortunes juiYes et expulsion en masse de tous les indigènes juifs n (1). Tels sont, dans leur r~pugnante malproprete, les dessous de l'antisemitisme algerien. - Et comment ne serait-on pas tombé là, - demande il son tour M. Rouanet qui, lui aussi, a su découvrir la ,·érité en dépit du modérantisme de circonstance affiché à la tribune par les collègues de M. Drumont - messieurs? Quel est le système que l'on a suiYi, et que l'on suit depuis deux ou trois ans d'une façon permanente, constante, pour provoquer et perpétuer ces accès de folie algérienne? Le système est bien simple. A ces Espagnols, à ces Italiens, à ces Français qui ne voient plus la France que de loin, qui ne lisent plus que les journaux - car 11011esxportons en Algérie 111oi11dse livres qu'en Alle111ag11e, - on dit : Le Juif est la cause unique de toutes les misères qui pèsent sur l'Algérie. Au colon qui a perdu sa terre on dit : C'est le Juif qui l'accapare. A celui qui demande du crédit dans les banques, - et M. Morinaud le répète. dans son projet d'abrogation du décret Crémieux comme dans sa proclamation aux électeurs de Constantine, - on dit: Ce sollt les Juifs qui abusent du crédit des banques. Y a-t-il des commerçants dont les affaires ne prospèrent point? on dit: C'est le commerce juif qui par ses faillites amène l'instabilité cotnmerciale. En un mot, messi.eurs, on a fait croire que les Juifs arnient en Algérie une influence délétère permanente, en même temps qu'une situation économique prépondérante ; qu'il était possible de les chasser pour donner leurs dépouilles à ceux ·qui resteraient là-bas. (Très bien! très bien I à l'extrétne gaucbe.) Car le langage par instant modéré qu'ont apporté à la tribune les députés antijuifs n'est pas sincère; Je"réquisitoire prononcé par MM. Morinaud et Marchal devait se terminer par la formule qui est sur toutes les lèvres dans toutes les réunions antijuives :Mort aux Juifs! - A bas les Juifs! - Les Juifs à la porte! (Très bien! très bien! à l'extr,J111ega11cbe). M. MARCHAL-. Jamais je n'ai rien dit ni écrit de pareil. (Bruit ù l'extrême gaucbe.) Je vous mets au défi d'en apporter la preuve. • • A l'extrêmegauche. - En tout cas, ce sont des cris qui ont été proférés. (1) Discours de M. Barthou, Chambre des députés, séance du 15 mai 1899.
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