MA CONFESSlO~, PAR UN A~ARCHISTE rapports entre cet accident, qui se qualifie : autorité, et les lois éternellement simples de la Yie. • A cette époque, au surplus, je voulais co111pre11dre, sans dessein préconçu, d'une façon Yague et générale. Quand je tenais le bout d'un raisonnement, je ne le quittais plus que je n'en eusse tiré jusqu'à moi tout cc qu'il m\'.:tait possible d'en recueillir. J'ai conserYé quelque temps un feuillet de copie où mon professeur de philosophie avait inscrit, i titre de « note», cette mention brhc, et d'ailleurs imprécise : « Esprit absolu; ira loin; mais où? ii Je n'en sais rien encore: .. On yerra, si je Yis. La note de mon professeur exprimait un doute; elle n'impliquait aucun blâme. J'ai subi peu de réprobations. Ma conduite était irréprochable. Un Yent de fronde soufflait sur la montaane Sainte-Gene- o . viève, durant cette seconde décade de l'Empire. Mes aînés fredonnaient des refrains factieux. Dominique venait d'entrer à l'Ecole polytechniq.ue. Ses attitudes d'opposition gênaient mon père dans sa loyauté professionnelle, et par le souci de sa situation. Raymond, moins raisonneur, plus emporté, parlait de s'expatrier et de se -faire « citoyen américain >i aprcs l'Ecole de Droit. Mon père disait ;'t ses amis : « Etienne est le plus sage de mes enfants. ii Le positif ne m'intéressait pas encore. J'en étais toujours :'tépeler des systèmes. Je mettais une sorte d'àpreté ù lier des totaux partiels, et à poursuivre le définitif. On me conseillait d'entrer i l'Ecole normale et de me pn'.:parer à l'enseignement de cette philosophie, i laquelle je m'obst.inais à demander l'immédiate révélation du juste. L'idée n'Uait point sans me sourire. J'étais sûr d'aller droit devant moi, jusqu'à l'extrémité d'une ligne une fois amorcée; et j'étais certain aussi de parvenir à mon but, de voir rayonner un phare, et d'aborder directement à la Yérité. Le difficile était de bien déterminer la ligne. J'avais pour les mathématiques un gol'.1tégal à celui de démêler la sophistique de l'expérience, dans les systèmes. J'hésitais encore entre la mécanique et l'ontoloaie quand la auerre éclata, au mois de juillet 1870. 0 0 . * * * Dominique était vers<.: de droit dans les cadres du génie; Raymond servait comme officier de mobiles ; mon père m'autorisait à m'engager, après la bataille de Sedan. Quoique je n'eusse pas dix-huit · ans accomplis, je réussis à me faire enrôler dans un régiment de ligne, que des complications de serYice rejetèrent sur la Loire :ip~ès l'inve~- tissement de Paris. Je fis les deux campagnes du fleuve, et 1e ne subis donc à peu près rien de la fièvre politique et sociale qui travaillait Paris, dans les ·repos de la fiène sanglante. Je me battis, simplement.
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