La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

ANALYSE DU DEUXIÈME \"OLUME DU « CAPITAL » DE MARX 66 I sion et son conditions actuel. asservissement par cela même aux capitalistes étant les essentielles et nécessaires du mode de production « C'est une pure tautologie, dit Marx, gue de dire gue les crises proviennent du manque d'une consommation payante.ou des consommateurs en état de payer. D'autre forme de consommation qu'une payante - le système capitalistiquc ne connaît pas, excepté les sub fon11apauperis ou les <( voleurs ». Que les marchandises sont invendables ne veut dire que cc qu'elles n'ont pas trouvé d'acheteurs en état de les payer, c'est-à-dire de consommateurs (soit que les marchandises soient achetées en dernier lieu en vue d'une consommation productive ou indiYiduellc ). lvlais si on Ycut donner à cette tautologie une apparence de fondement, on dit que la classe ounicre obtient une trop petite part de son propre produit; le malheur serait donc du coup enrayé, dès que celle-ci en obtiendraitd'anntage et son salaire hausserait. Or il n'y a qu'à remarquer que les crises sont directement préparées .chaque fois par une période, dans laquelle le salaire est généralement en hausse et la classe ouvritre prend en réalité une plus grande part au produit annuel destiné à la consommation. Cette période devrait - au point de vue de ces chernliers du bon sens humain - sain et « simple » (!) - éloigner au contraire la crise. Apparemment donc la production capitalistique enferme des conditions indépendantes du bon, ou mauvais vouloir, et ne souffre que momentanément cette prospérité de la classe ouvrière et de plus - toujours comme un oiseau de mauYaise augure - d'une crise »(r). C'est que la production capitalistique va toujours en s'élargissant et ses dimensions ne dépendent pas de la volontc des capitalistes, qui du reste ne peuvent jamais saYoir dans les conditions actuelles quelle sera la demande réelle pour les marchandises qu'ils produisent. L'auteur l'a explique autre part comme suit : « La dimension de la masse des marchandises émises par la production capitalistique est définie par l'échelle du développement de cette production et le besoin d'un élargissement continuel de ·cette dernière, mais non par un cercle prédestiné de demande et d'offre, ou des besoins à assouvir. La production en masse ne peut avoir comme acheteur direct, outre les autres capitalistes industriels, que l'acheteur engros. Dans certaines limites la production peut donc être poursuivie sur le même pied ou sur une base plus large, quand les marchandises qu'elle a produites ne sont pas réellement englouties par la consommation individuelle ou producti\'e. La consommation des marchandises n'est pas enfermée dans le mouvement circulaire du capital, duquel elles proviennent. Aussitôt 9ue le coton par exemple (r) Deuxième volume, p~gc 406.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==