~IOüVEMEXT SOCIAL le nombre des délégués était de 383 représentant enYiron 1,250,000 travailleurs. La société importante des mécaniciens n'était pas représentée; on en _verra la raison Rlus loin. Un incident malheureux est arri\·é le premier jour qui commença par des réjouissances. Il paraît qu'il avait été a;·rangé que les délégués devaient visiter le splendide parc qui appartient à un des lords du pays, le comte de M?unt Edgcumbe. Mais cet aristocrate semble plutôt avoir _eu pour but d'humilier les délégués que de leur faire honneur, car il les fit accompagner dans son domaine Far son majordome à cheval et sa police, et encore leur interdit-il la partie principale où lui-même donnait une réception à des invités de la haute. Les années précédentes, les nobles qui avaient acueilli les délégués dans leurs domaines l'avaient fait aycc une politesse et une affabilité apparente dont mons Lord Mount Edgcumbe s'est grossiérement départi. Il semble avoir eu pour but de soumettre à un s1111b les petites gens qu'il avait attirées sur ses terres. Ce sera une leçon pour l'avenir. La municipalité de Plymouth a décemment acrneilli les délégués et le maire de la ville, un gros entrepreneur de bâtiments a poussé la politesse ou plutôt l'hypocrisie au point de faire un pompeux éloge des trade-unions qu'il -aYait vivement attaquées quelques mois auparavant dans une conférence de patrons. Cette année, la société des mécaniciens ayant eu une contestation avec celle des forgerons et n'ayant pas \'Oulu se soumettre à la décision d'un comité d'arbitrage, s'est vue par cette infraction aux règlements du congrès privée du droit d'envoyer des délégués au congrès. Dans la courte ~éance préliminaire du lundi 4 septembre on passa un vote de condoléancc aux veuYes de deux des principaux leaders des trade-unions, Mi\I. lnskip et Hare, et le secrétaire donna lecture du rapport du comité p::irlementaire. La séance du mardi s'ouvrit par le discours du nouveau prési~ent, le citoyen Vernon, discours qui eut le tort d'être trop long et de contenir trop de citations. Mais somme toute, cc discours renfermait de bonnes choses. Le président toc1cha surtout une corde qui vibra chez tous les délégués quand il parla de la représentation du travail au Parlement. Il dit en substance que si les résolutions prises dans les précédents congrès n'avaient pas abouti, c'était -de la faute des ouvriers du pays qui ::ivaient suffisamment de votes pour s'assurer au Parlement une juste part de représentation mais ne semblaient pas avoir une dose suffisante de principes pour accomplir ce fait. Il parla ensuite de la loi Robson relative à l'âge des enfants employés dans les manufactures. Il ne la considérait pas comme finale mais seulement comme un pas de fait dans la bonne voie, un acheminement vers une meilleure solution. Il exprima l'espoir que d'ici peu de temps on obtiendrait enfin l'émancipation complète .des enfants. Parlant du travail dans les usines de produits chimiques, il dit que dans celles de Lord Overton, où l'on fabriquait des produits à base de chrome, les ouvriers étaient sujets à une nécrose du cartilage nasal et qu'un inspecteur du gouvernement avait constaté que tous les ouvriers en étaient affectés. Ces :ouvriers travaillaient douze heures par jour, dimanches compris, et sans repos car il n'y avait pas d'heure allouée pour les repas - et tout cela pour un salaire de quarante centimes par heure. Est-ce que cela ne constitue pas, s'écriat-il, un crime qui ~onfine à l'assassinat? Et il fit remarquer que les propriétaires
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