La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

60-1- LA REVUE SOCIALISTE On l'interprcte souvent comme le premier exemple de lutte entre agriculteurs et pasteurs. Un autre passage de la Gencse est curieux. C'est cdui où Joseph faisant Yenir ses frères en Egypte leur signale la haine des Egyptiens contre les pas/oresovùt11t. G. Salvioli recueille et commente les textes qui illustrent cette haine dans l'antique Orient, en Gréce, :i Rome, et en Europe jusqu'au dix-septième sicclc. Les Chinois semblent, d'aprcs G. Puini, aYoir rapidement traYersc cette phase et s'ètrc arrêtés de bonne heure;\ l'agriculture. D'oü Yicnnent les coutumes en apparence singulières qu'on trouYc dans l'Inde, dans l'Irlande antique et un peu partout : jeùner, se suicider pour forcer la main au debitcur recalcitrant, c'est cc que recherche S.-R. Stcinmetz, à l'aide des tra\"aux les plus rèccnts, y compris les siens. L'anthropologie fournit-clic des donnces ;\ la sociologie? Sans doute. li faut connaître les caracteres physiques et physiologiques des peuples pour comprendre les faits sociaux dont ces peuples sont non seulement les sujets mais en partie les auteurs. G. Sergi insiste sur cette Yèritc, dont l'import;;ncc s'affaiblit d'ailleurs à mesure qu'on passe des temps anciens aux temps modernes. La méthode des sciences sociales a donne lieu à de récents ounages bien connus (Stein, Lilienfeld, M.-C. Lindsay, J\lallock). A. Chiapelli les etudic. Il y voit deux tendances: la causalité mècanique, la finalitc. Il est pour la finalité. Il s'agit, pour les faits sociaux, d'une nécessité idble et rationnelle d'un « Sollen >> non d'un « i\lüsscn » comme dit !'Allemand. Beaucoup de bons esprits refusent aux sciences dites morales le titre de sciences. Qu'est-ce qu'une science· sans déterminisme rigoureux, du moins sans lois formulées mathematiquement ! La psychologie fournira-t-ellc aux sciences morales de telles formules? Guido \ïlla l'espère sans trop y compter. Il n'est même pas loin d'adopter l'indéterminisme de Ch. RcnouYicr, aycc les atténuations un peu Yagucs de Fouillée, Guyau, et des idcalistes français. La lutte de classes n'est qu'une forme perfectionnée, pas même adoucie, de la guerre. Réciproquement la guerre, sous sa forme antique, n'ètait au fond qu'une lutte de classes. Enrico Loncano, ètudiant les guerres surtout romaines d'apres les auteurs classiques, aboutit à cette conclusion : le dètcrminisme collectif et la guerre sont deux faces d'un même fait. Le premier, avec l'apparition des classes par suite des <l iffcrcnccs èconomiq ues, deYient le detenninisme et la psychologie des classes. D'autre part la guerre se transforme en lutte entre les classes pour la possession du pouvoir. On attaque Yivcment aujourd'hui les études antiques. Nous Yivons au dix-neuvième siècle, qu'ayons nous besoin de saYoir ce qui se pas-

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