La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

IDEES ET FAITS SOCIALISTES 591 IDÉES ET FAITS SOCIALISTES La Discussion Bcrnstci11J,{auts/,y et Bebel Empressons-nous tout d'abord d'écarter b question des personnalités comme aussi toute fausse politesse internationale qui serait déplacée ici. Quand il s'agit des intérêts supérieurs de b \·érité scientifique et du parti socialiste, on doit admettre la sincérité et la bonne foi absolue des personnes et des groupes qui discutent en cc moment en Allemagne (comme en francc, d'ailleurs), les principes fondamentaux de la théorie et de la t:ictique socialistes. Les socialistes - il faut le dire franchement et loyalement - sont trop enclins à côcr à la trahison et à la « d<.°'Yi:ition », ·alors qu'il s'agit le plus souvent d'une rcYision sérieuse d'un principe ou d'une régie de conduite à formukr pour des circonstances inattendues et compliquées de la réalité toujours rebelle et capricieuse. Cette rcvision nous est parfois dictée par la simple probité intellectuelle. li se produit alors un phénomène très curieux au point de \'Ue psychologique. Tandis qu'on cric à la trahison, qu'on l':ibrem·e de calomnies ou de suppositions fùchcuses, le vil « opportuniste » se débat en son for intérieur dans une lutte déscspén'.:e entre sa raison et le désir de rester fidele aux traditions; désir presque toujours égoïste, inspiré par des considérations qui n'ont rien à Yoir aYcc les principes, parce qu'elles sont tout simplement celles de notre tranquillité et de notre repos. Car il est toujours incommode et dangereux de secouer les traditions, si socialistes et révolutionnaires qu'elles soient. D'autant qu'il n'est pas rare de voir les réYoltés reniés par les amis de la Yeille deYenus leurs adYersaires, qu'ils aiment et respectent toujours, tandis que leurs nouyeautés sont fayorablemcnt accueillies par des alliés imprén1s qu'ils méprisent. Tel est le cas de Bernstein, ou peu s'en faut.

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