LA NATURALISATTO:-;- DES J Cll'S ALGÉR IEKS Il est vrai que le crime de cette jeune fille juive est de ceux qu'on ne pardonne plus en Algérie. Cette enfant aYait ,,oulu s'instruire. Peut-être pourtant penscra-t-on autrement en France et s'il est vrai « que le degré de sociabilité d'un peuple soit en raison directe de l'instruction, s'il est wai que lorsque des populations se trouvent en présence, le degré ,(_l'assimilation de ces populations, leur capacité de ciYilisation soit en raison de la fréquentation des écoles», il faut conclure avec M. Rouanet qu'au milieu de la ruine de la culture française, dans cc pays, il y a une poi)ulation qui s'y attache et qui est par conséquent éminemment française, - c'est la population juiYc. IX En présence de cette population qui s'empresse de puiser nos idées et nos sentiments dans toutes nos écoles, par opposition aYec les étrangers et les naturalisés qui fuient toute assimilation, et ks Algériens d'origine dont nous avons analysé la mentalité, quelle est la politique a suine, la solution est éYidemment si claire qu'elle ne dépasse pas l'intellect de M. lvlorinaud. « Je crois, dit-il, que c'est une politique extrêmement simpk, conforme au bon sens, a la raison et en même temps à un intérêt supérieur qui doit nous preoccuper, celui de la patrie. "cette politique, ù mon sens, peut se résumer dans cette double formule : élimination de tout cc qui ne veut pas, de tout cc qui ne peut pas être Français; acceptation, au contraire, et assiniilation le plus rapidement possible de tous les éléments qui ,·ctilcnt deYenir Français et qtÜ acceptent surtout le service militaire» (1). Et làdcssus, aYec la logique spéciale aux antijuifs algériens, le fils du célébre banquier Morinaud conclut qu'il faut proscrire les Juifs qui Yeulent devenir Français de cœur et d'f1me, comme ils le sont en fait, et qui acceptent admirablement le service militaire. Les rangerait-on alors dans la catégorie de « cc qui ne peut pas être Français? » On n'ose pas l'avouer ouYertcrnent, mais cette expression dédaigneuse et neutre, qui les classe parmi les objets comme les esclaves antiques, en dit beaucoup plus qu'elle n'en a l'air. Ils font partie de cequi n'est pas assimilable, de ces races inférieures ou irréductibles qui n'ont rien de commun aYec le fier et brave Aryen. Ils ont le ccryeau fait d'une autre manière que le notre et leur moralité ne saurait être comparée à celle d'un Louis XV ou d'un Bazaine, voire d'un Tibcrc. Ne nous attardons pas à discuter des systémcs, bons tout au plus à être (1) Chambré des députés. Séanù! du 19 mai 1899.
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