La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE je le parierais. Et si, <lemain, une minorité mu lait imposer par la force le rét;1blissernent de l'ancien régime? Eh bien, la majorité emploierait la force pour cmpC:cher cela. - La force, Yous le Yoyez, Lagaline ! dit Pierre. Toujours la force. :1 s'agit seulement de sa\'oir si celle des armes Yaut mieux que celle des volontés ... Le droit n\:st que l'expression de la force, il n'existe en réalité que quand il a la 1orcc pour lui. li n'y a plus aujourd'hui d'autre 1orcc que celle des ,·olontés. Gagnez les Yolontés, YOUS aurez la force, et ,•otre droit sera. - En attendant, grogna Lagalinc, le droit d'association et de réunion a été supprime aujourd'hui. - Oui, rcpondit le delégué . .!\laisseulement pour une catégorie <le citoyens que le tribunal a estimés en a,·oir abust'.:. On ne doit la liberte gu'ù ceux qui en sont jugés dignes. - Et nous n'en sommes plus juges dignes? gemit le bouddhiste. - C'est du moins l'ayis du tribunal. - On nous a calomniés. Pourquoi nous a,·oir assimilés aux spirites, qui affolent les }mes crédules par de prétendues communications d'outre-tombe? J\ ,·ons-nous jamais empli notre escarcelle par de scmbl:lbles piéges tendus ù la tendre credulité de ceux qui pleurent un mort chéri? Nous sommes purs d'une telle profanation, cl nous n'arnns jamais exploite la douleur de nos fréres. - Aussi, n'est-cc point pour des méfaits de cc genre que yous avez été 1rappes, observa le délcguc. - Nous aYons étc frappés injustement, reprit Fresnoy. AYonsnous, comme les mages, envoùte les individus qui nous déplaisaient? ;\vons-nous substitué notre volontc a celle d'autrui pour commettre par d'autres bras que les nôtres des crimes dont nous pussions demeurer impunis ? - Je me suis laissé dire qu'à votre récente <'.:preuvedu feu, un malheureux avait péri dans le brasier, et que d'autres avaient eté grièYement brûles. - Le feu aYait etc mal dompte par un prC:tre que nous a,•ons reconnu impur depuis et que nous avons exclu de notre societe. - li eût mieux valu l'exclure a\'ant. - L'indignité <lu prC:tre ne prouYe rien contre la religion. Et, d'ailleurs, nos fidèles étaient libres de leur personne. Cc n'est pas d'eux qu'est Ycnuc la plainte contre nous. - Cc n'est ni des chevaux, ni des taureaux, ni des toréadors qu'<.:stYenue la plainte qui a fait interdire ces jeux sanglants, riposta Tancret. Les lois ne s'opposent pas les unes aux autres. On ne peut user de la liberté que donne une loi pour violer une autre loi, à peine de se voir retirer cette liberte.

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