LE Rl~\·E DE PIERRE DA\.A>;T nistration. Et, par la fenêtre de notre bureau, nous Yoyons trotter dans la gare nos agiles cadets, gui nous rappellent cc qu; nous a,·ons été, et à qui notre présence dit qrn: la grandi: famille des chemins de fer les gardera prcs d'elle, s'ils le veulent, jusgu':i leur di:rnin souffle ... Le travail n'est plus un chùtimu1t ni une corvée, mais un plaisir, quand il est fait modcrément. Pour moi, je ~cns bien que si l'on m'empêchait d'aller :i mon bureau et d'y retrou\'i:r mes ,·ieux copains, je n'en aurais pas pour longtemps ... Dans notre lioue, nous . . ) t, avons une section guis est organisce pour demander à la municipalité d'être employée à la surveillance des enfants dans les écoles. ,·ous savez que les vieux et les petits, ça va trcs bien enscmble. L'essai vient d'C:tre fait dans une douzaine d'ccoks, et il a men·cilkusement réussi. Bientàt, chaque c':coleaura ainsi ses papas et ses mamansgJtcaux. Le bouddhiste inter\'int : - Le travail, toujours le tra,·ail ! Le vieux répliqua: - La joie d'agir, toujours la joie! - Et quels moments vous restent pour Li contemplation intcrieure? - li me reste toujours assez de loisir pour me donner du souci, répondit Ducharmcau houddhi~te. Je si:ns que si j'i:n :1,·aisdavantage, car je ne suis pas une brute, cc souci me rongerait et me kr.1it devenir aussi maigre que vous, et pour le même rcsultat inutile. - Vous ai-je dit que je me plaignais de mon sort? - Vous ai-je demandé de plaindre le mii:11? Pierre apaisa la querelle en ramenant la co1wersation sur les sociétés. li les montra pullulantes, et doublant l'Etat et la Commune dans leurs rnulti pics fonctions. - C'est par elles, par leur initiati,·e, dit-il, que furent créés jadis les services publics utiles gui devaient, petit :i petit, remplacer les fonctions directrices et oppressives de l'Etat et de la Cité. Les besoins qu'elles satisfaisaient étant dc,·enus plus intenses et plus généraux, l'Etat etla Cité en assumaient ù mesure la satisfaction. Dès lors, ces sociétés se transformèrent. Cc qu'elles ne pouvaient plus administrer, elles le contràlerent en stimulant l'activité et le zèle des administrateurs publics. Le peuple a pris goùt à cc controlc et il n'est pas un seul d'entre nous qui n'appartienne à une ou plusieurs sociétés <le ce genre, ~ortes de ministcrcs ofli.cieuxet Yolontaircs, gr:'1ceauxquels nulle plaint€ ne peut être étouffée et nulle innovation rejetée sans examen. Déjà elles ont obtenu leur part de represcntation dans le padement national et dans les conseils régionaux et les municipalités. - Oui et le métier de ministre est devenu un métier de chien , tourne-broche, dit un survenant en s'épongeant le front.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==