La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

REPONSE A MES CRITIQUES SOCIALISTES 539 tous les autres éléments dans cette forme dernière, nous ne serions pour cela pas dispensés de la nécessité de tenir compte, pour notre action pratique, des formes déYcloppécs de cette substance et des formes déYeloppées de ses qualités. - Dans leur domaine déterminé, elles restent pour moi d_cscausalités distinctes. De mèmc pour les éléments de notre \'ie sociale! (Neue Zeit, X\ïl, 2, p. 85 1.) Pour saisir cette \'ic dans toutes ses formes multiples, il faut recourir à la méthode syncrctiq ue ou éclcctiq uc. Pratiquement, nous le faisons tous. En matière de theoric, cela est rendu souvent impossible par la nécessité de faire ressortir distinctement l'influence d'un principe, respectivement d'une force. Voilà pourquoi les théories sont si souvent contradictoires, en apparence plutàt qu'en rcalité. Basées sur les mêmes faits, mais envisageant ces faits sous un autre aspect, les unes ne sont pas plus fausses ou plus justes que les autres. Elles ne s'excluent pas, elles se suppléent. Mais de cela les esprits doctrinaires ne veulent jamais convenir. De là cette exclamation horrifiée de quelques marxistes à mon intention : li ressuscite Proudhon ! Je leur ai répondu que ce n'est pas moi mais bien la réalité des choses qui fait revi\'re l'auteur de La capacité politique de la classeouvrière. La critique que Marx a faite de Proudhon n'est pas pour cda desavouée. Seulement, elle ne frappe pas cc penseur en tout cc qu'il a dit. Oc même pour d'autres socialistes considérés comme surannés ou même complètement oubliés. Le grand mouYemcnt socialiste d'aujourd'hui les fait renaitre dans la réalisation partielle de leurs idées. « li est assei: facile d'écraser un écri\'ain dans une polémique. Mais tout au plus peut-on réussir à annihiler ses marottes et ses faiblesses. Cc qu'il a émis d'idées Yiablcs ne peut pas ètrc anéanti par la polémique la plus spirituelle m0me. » C'est ainsi que je m'exprimais à ce sujet, il y a cinq mois. Et cc qui s'est passé depuis n'est pas de nature à me faire douter de la vérité de ces paroles. Pendant que j'écri,·ais cette préface, le congres du parti socialdémocrate allemand tenait ses assises à Hanovre. On y a consacré un temps considérable au présent livre. Des esprits passionnés lui avaient prédit un verdict écrasant et les discours, calculés pour proYoquer un verdict semblable, n'ont pas fait défaut. Mais le bon sens et l'expérience pratique du par1i ont remporté la Yictoire sur l'esprit de chapelle et la . fin a été une résolution dont une partie frappe tout au plus la forme que l'auteur a donnée à ses idées, tandis que l'autre formule des concessions considern:bles à leur essence même. Ceci se rapporte à l'allmission des compromis électoraux, à la reconnaissance de l'utilité des associations coopératives pour l'œuvre de l'émancipation ouvrière, et

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