LE RtVE DE PIERRE DA\'ANT - Je Yeux dire que, dans ks usines où l'on travaillait dix heures par jour, par exemple, le salaire fut cleYé d'un quart, l'ounier comptant et le patron acceptant, gràce à la pression ambiante, qu'il faisait une journée de huit heures, plus deux heures supplémentaires. Le jeune homme remercia de la tête tout en prenant rapidemc11t des notes. Pierre insista : - Vous com_prcnez bien que si, grâce au syndicat protcctcm, l'ounier pouYait avoir le choix entre les traYaux exécutes pour le compte de la commune ou de l'Et:i.t et les trnYaux exccutcs pour le compte d'un patron, il pou\'ait exiger de celui-ci les conditions avantageuses qu'il trouYait chez ceux-là. De plus, il ne faut pas oublier l'influence morale : dans certains c:i.s, clic mettait si évidemment les patrons dans leur tort, que ceux-ci étaient forcés <le céder à l'opinion publique, mise en éYeil par l'exemple amant que par la propagande théorique des socialistes, cette prop:igande ayant amenc quantité <le patrons à douter de leur droit d'exploitation du travail humain ~1 force de l'entendre nier :i.utour d'eux. - Quoique Japonais, j'ai compris, fit Sounk:i.la, avec un rire malicieux à l'adresse de la citoyenne Gauthier. C'est précisément le point où nous en étions, au Nippon, il y a une trentaine d'années. Mais ,·ous n'a\'ez p:i.s tout dit, je crois, sur la nécessité oü l'on fut, chez ,·ous, aux premiers temps de la réYolution, d'organiser pour un temps la participation aux bénéfices. - En effet, répondit Pierre, et j'ai étc entrainé par une digression. - Qui n'a pas etc inutile, firent plusieurs étudiants en montrant leurs carnets cou,·crts de notes. - Soit, fit le professeur. ,\prés tout, il faut bien que vous m'acceptiez ainsi. Je n'ai pas l'esprit tn'.:s didactique, et je mets dans mon enseignement le désordre que manifestent les faits en perpétuel mouYement. - Dcsordre apparent, rectifia le Japonais. - Dans les faits, oui. - Et dans \'Otre enseignement, compléta la jeune fille très affirmative. - Quoi qu'il en soit, <lit Pierre, et pour revenir à la nécessité de la participation à cette cpoque, je voulais ajouter ceci, que, sauf exceptions pour certaines professions techniques, nccessitant un lo'ng apprentissage, professions <l'ailleurs sans cesse raréfiées par l'application intensi\'e de la division du travail et par la découYerte de nouveaux procédés mécaniques de production, les grandes entreprises capitalistes écrêmaient la classe ounicre en n'acceptant que des tra\'ailleurs agiles,
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