LE Rt\'E DE PIERRE DAVA~T -B crrcl1 ... l'appareil se tut. Pierre sortit du bain et s'habilla avec des soins, une coquetterie qu'il ne se connaissait pas. Hésitant entre plusieurs cravates, il regarda alternativement le ciel et ses vêtements, et finalement se décida pour une nuance assortie. Il allait prendre son chapeau et sa canne, quand une sonnerie l'aYertit d'une visite. - La rnénagérc ! prononça un cornet acoustique ou nagé en masque de thé.\tre. - Bon! elle peut entrer, répondit-il en soufflant sous le nez du mascaron. La ménagère entra, suiYie d'une autre jeune fille. Pierre les salua courtoisement, puis s'étonna. - La citoyenne? ... fit-il en regardant la seconde ,·cnue. - Louise Ducharme, dit la ménagère. Si \'OUSl'agréez, elle me remplacera à partir de demain. - J'accueillerais avec plus de plaisir encore une aussi gracieuse personne, si je n'aYais le chagrin de \'OUS perdre. - Ma chère Louise, dit la ménagère à son amie, le citoyen Davant est le type du Yieux Français galant. Louise eut un rire épanoui. - De quoi ricz-Yous, citoyenne? interrogea Pierre. - Une idée 9.ui me passe par la tête ... Une supposition si tomes les femmes à qui ,·ous faites des compliments les prenaient pour argent comptant, et vous mettaient en demeure de leur prouYer votre sympathie ... Ah! ah! ah! pauvre citoyen! ... Et la folle de rire de plus belle. - On affirme, reprit-clic, que ce fut le SL,pplice infligé;\ Orphée par ks :\!énades. Cc disant, elle emporta le Yase de nuit, tandis que sa compagne cp.irpillait les draps et les couvertures du lit sur le parquet. - Puis-je savoir pourquoi vous me quittez? dit Pierre à la ménagére. - Et pourquoi je quitte le métier? Oui. li y avait une place vacante à l'Institut gastronomique, et je l'ai obtenue après un examen assez rude. - Mes compliments, citoyenne. - Peuh! fit-elle en secouant la descente de lit par la fenêtre, tandis que sa compagne époussetait les meubles. Ça me revenait bien. J'ai passé deux années i l'Ecole de chimie. - Et quel était Yotre morceau de concours? - Le Rêve·-de Berthelot. Une pastille grosse comme un pois, fondante comme du chocolat et qui nourrit pour vingt-quatre heures. - Bah! Et Yous n'avez pas pris de brevet? - Non, interrompit Louise. Avec cette pastille, on peut rester
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