LA REYUE SOCIALISTE On a dévalisé les magasins de Bcnaya, ep1c1er, Cohen, cordonnier; le logement de Bitoum, celui d' Aron Amar ; les magasins d' Achouche, épiciers, frère et sœur; la synagogue; un café juif situé rue \ïctor-Hugo,-sans compter les bris de vitres qu'on ne peut dénombrer. La matraque, qui, jusqu'ici, n'aYait paru être un argument qu'entre les mains des brutes, est redevenue, comme aux plus beaux temps des Turcs, le grand instrument de justice; et nous nous sommes faits les tuteurs de trois millions d'Arabcs pour donner l'exemple de sauYagerics inqualifiables, avoue le sénateur Gérente. La justice popu!aire, procédant à l'exécu/ion des marchands israélites, joint au boycottage par la parole l'expulsion en masse par la violence. Et encore de quoi se plaignent-ils? Est-ce que, à Marengo, les « vaillants, nobles et patriotiques Français qui luttaient tous à l'unisson pour la cause antisémite » ne se sont pas contentés d'agir « loyalement contre l'arrogance juiYe ? Dans la mêlée, aucune femme juive n'a été piétinée, aucun youtron n'a subi de brutalités. C'est chevaleresquement qu'on s'est battu dans la rue>). Faut-il que ces insolents youtrons aient l'esprit mal fait pour ne pas reconnaître la générosité cheYaler~sque des antijuifs ! Ainsi un « infect colporteur juif», qui a des enfants et une femme à nourrir, ne se permettait-il pas, l'autre jour, à Maison-Carrée, de crier dans les rues sa marchandise volée? Un groupe de jeunes gens firent une conduite des plus méritées à ce youtre; les cris Yigoureux de : « A bas les Juifs ! Conspuez les youpins ! » répondaient aux « poussives réclames braillées par le Juif». Voilà comment la vaillante jeunesse exotique sait défendre l'honneur de la France et son bon renom de douceur et d'hospitalité contre d'indignes provocateurs. Malheureusement, ces misérables s'obstinent à vouloir vivre, et même vivre du produit de leur travail. A Sidi-Moussa, ils avaient disparu, quand, l'autre soir, « arriva un de ces drôles, voulant essayer de recommencer la série de ses exploits, Mais nous étions là, veillant à la salubrité publique, résolus à tout pour renvoyer dans son ghetto cet être dégoûtant. Il était descendu dans un hôtel assez louche de la localité, le seul qui ait consenti à le recevoir. Non content d'avoir accepté cette vermine, l'hôtelier se mit en tête de le protéger contre notre juste ressentiment et favorisa sa retraite vers une destination inconnue)>. Evidemment il y a encore quelqu'un de plus arrogant et de plus révoltant que ce Juif agressif, qui se hâte de déguerpir dés qu'on veut seulement le mettre à mal, c'est l'indigne hôtelier qui prétend protéger un homme seul contre une populace immonde et lui sauver la vie. On n'est pas plus provocateur. D'ailleurs, des exemples de provocations juives, nous en avons, vous dis-je, plein les mains.
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