La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LE FERmER - Oui, monsieur. - Que valent-elles, en moyenne? - Mettez huit cents francs l'une. - Cela fait quatre mille francs. ,·ous ayez une paire de bœufs. Qui vaut? - Huit cents francs. - Quatre mille huit cents. Yous ayez aussi huit poulinicrcs? - Oui : je les estime quatre cents {rancs l'une. - Trois mille deux cents. Nous arri\'ons donc à huit mille francs ... Il Yous reste une jument de limon? - Trois cents francs. - Huit mille trois cents francs. Il Yous reste des taureaux, des Yaches, des poulains et des mules de l'année? - Pas beaucoup, malheureusement, de poulains et de mules. l\[es huit poulinières ne m'ont donné cette année que deux mulets. Six a,·ortements : c'est une guigne! - Cela Yaut, en bloc? - Mettez deux mille francs. - Cela fait dix mille trois cents. C'est tout? - l\Ion Dieu ! il y a encore une chèvre, des Yolailles ... - Oui, oui : ça ne va:.it pas la peine d'ètre compté! ... Mais enfin, mettons tout au mieux. Je suppose que Yotre cheptd ,·aille onze mille francs. Eh bien! vous devez douze mille francs à Yotre propriétaire - Yous entendez : douze mille! sans compter le fermage courant! \'otre situation est compromise, mon cher! Il faÜt parer à cela! \'ous sayez que l\1. Desloges ne peut plus attendre? - Monsieur, dit Constant, ècoutcz-rnoi. M. Desloges peut trcs bien attendre. Vous saYez comme moi - et mieux que moi, que l\L Des loges ne dépense même pas par an le tiers de ses rcYenus ... - Hein? qui vous a dit? - Je sais, cela suffit! D'autre part; Yous n'ignorez pas qu'en plus de mon cheptel, j'ai la vente des récoltes. Vous snycz encore que M. Dcsloges a pris une hypothéquc sur mes biens personnels qui nient quinze mille francs. li me semble que voilà des garanties qui devraient vqus suffire? - Mon ami, dit le notaire, je sais, moi, que Yous avez contracté un emprunt de trois mille francs avant le renouvellement de votre bail avec M. Desloges. Celui-ci n'a donc sur vos biens qu'une deuxième hypothèque. Il a bien voulu s'en contenter. l\lais il ne faut pas qu'il soit victime de son bon cœur. La véritc, je vous le répète, est que votre situation se trouve compromise. Vous me donnez unt: estimation de votre cheptel qui est évidemment exagérée. Vos mules et vos bœufs, d'âpres des renseignements que je tiens pour exacts,

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