LA REVUE SOCIALISTE Nippon, dans le temps d'une génération. Il en est de l'empire du Mikado comme de ces étonnantes tranchées qu'on relcve soudain dans les gorges alpines, et qui révélent à vif les stratifications les plus mystérieuses du sol. Arraché à la feodalité et ployé Yers la ciYilisation moderne, le Japon est devenu militariste, colonisateur, tandis que ses budgets grossissaient d'exercice en exercice. Son peuple se prolétarisait au fur et à mesure que les usines et que les hautes cheminées sortaient de terre; les femmes et les enfants allaient s'anémier dans les bagnes industriels, filatures et fabriques d'allumettes, d'où l'homme, trop coûteux, est délibérément exclu. La classe prolétarienne et la classe possédante sont désormais face à face là-bas comme aux .États-Unis, comme en Angleterre, comme en France. Des abus capitalistes, le socialisme est tout à coup monté à la lumiére, et déjà l'organisation syndicale englobe des milliers et des milliers d'ouniers, assez forte pour dicter la grève. Le processus est complet; le Japon est au pair de l'Europe, et telle sera, à brcve échéance, la condition de la Chine. L'éveil de l'Extn'.:me-Orient est pour l'holution du monde, de toutes les sociétes, un phénomcne d'une singuliére importance. Avivant la concurrence génerale, accroissant les difficultés des industries du \'ieux Monde et aggravant en conséquence les maux des travailleurs des deux I-lémisphéres, il contribuera à activer le mouvement qui traYaille l'humanité. Le progrés est fait des souffrances des foules; la déchéance du systcme capitaliste commencera à l'heure même où il aura touché son point extrême d'épanouissement. Le jour trés prochain où il aura couvert, de ses tentacules, toutes les nations, il croulera sous le poids de sa propre masse. Et voilà pourquoi, dans cette étude, la Chine et le Japon mériteraient, à vrai dire, la premicre place. PAUL Louis.
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