La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

,.po LA REVUE SOCIALISTE rées stationnaires de 1889 à 1897. Dans le même laps de temps, le Japon triplait presque les siennes, alors que les États-Unis quintuplaient les leurs, et que la Russie multipliait aussi plus de cinq fois son total d'expéditions. C'est la un élément d'instruction précieux au premier chef et que nous relèverons avec soin. La primauté du Royaume-Uni dans le Céleste Empire est Yigoureusement battue en brèche, et ses rivaux, Japon en tête, surgissent de toutes parts. * * * Toutes les données statistiques qui ont passé sous les yeux de nos lecteurs,- les caractéristiques qui s'en sont dégagées et pour la Chine et pour le Japon, facilitent notre tâche. La question est maintenant nettement posée : il ne nous reste plus qu'à formuler nos conclusions et d'une part à répondre aux interrogations reproduites au début de cette étude, de l'autre à deduire le sens sociologique, la portée universelle de l'heil de la race jaune. Cc qui ajoute à la graYité du probleme d'Extrême-Orient dans l'ordre politique, c'est que deux: puissances extra-européennes sont incitées à y intervenir. L'énorme marché chinois n'est pas seulement convoité par les Etats dirigeants de notre Continent: la Russie, la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni ne sont pas les uniques prétendants; les Etats-Unis d'Amérique, dont les échanges en Asie révèlent l'intérêt grandissant, réclament leur part dans l'éventuelle distribution du Céleste Empire, et ce qui est plus significatif encore, le Japon se consi<lcre comme l'héritier légitime, présomptif de la dynastie mandchoue; il estime que celle-ci effondrée_, sa propre autorité doit prévaloir à Pékin. Le mobile économique joue aujourd'hui à Tokio dans toute sa plénitude, commandant la conquête extérieure, -comme il a dicté l'expansion coloniale des vieilles nations. Le gouvernement du Mikado, en faisant la guerre de 1894-1895 au Fils du Ciel, cédait aux mêmes raisons qui avaient suggéré à la France la campagne du Tonkin, à l'Italie celle d'Erythrée, à la Grande-Bretagne l'asservissement de l'Égypte, qui tout récemment aussi suscitaient aux Etats-Unis le mouvement impérialiste. Les filatures d'Osaka produisent et déjà surproduisent ; les industriels du Nippon se sentent acculés aux engorgements, aux krachs inévitables, aux périodiques catastrophes du monde contemporain. De 1895 à 1899, de la signature du traité de Simonosaki à nos jours, les importations du Japon en Chine se sont rapidement développées, mais cette croissance n'a pas paru suffisante. Les hommes d'Etat de Tokio espèrent que l'assimilation de tout ou partie du Céleste Empire procurerait à leur pays une richesse qui l'égalerait

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