406 LA REVUE SOClALI,STE Cette industrie s'est déYeloppée très Yitc, grâce aux enseignements que les sujets du Mikado sont Yenus recueillir en Europe. Le gouvernement de Tokio, depuis 18ï5, a dépêche, Ycrs l'Occident, commissions sur commissions, pour étudier les formules nouvelles, les procedés perfectionnés, pour acheter les meilleures machines, pour ramener des ouvriers. Les statistiques que nous aYons présentées a nos lecteurs attestent que ces efforts ont été utiles et que les sacrifices pecuniaires parfois consentis par le trésor de Tokio pour stimuler l'expansion d'une fabrication, les primes, les encouragements qu'a l'image des monarchies européennes du dix-septième siècle il a alloués sans parcimonie, ne sont pas demeurés dépourvus de résultats. * * * La circulation mantime du Japon, le mouvement de ses ports, l'effectif de sa flotte marchande - et par ailleurs la prospérité de ses voies ferrées, ont suiYi avec une précision absolue l'extension de son industrie et de son commerce. Le tonnage total des entrepôts a passé de 2,800,000 unités en 1889 a 3,200,000 en 1893, a 6,800,000 en 1896. Kobé et Nagasaki surtout ont contribué à cette augmentation; le premier comptant 1,100,000 tonnes en 1896 contre 600,000 en 1891 ; le second 1,800,ooocontre 1,100,000. Yokohama,qui n'est plus qu'au troisiémc rang a cet égard, n'a pas progressé dans une égale mesure. La marine marchande disposait de 132,000 tonnes en 1887, de 145,ooq en 1891, de 228,000 en 1896, excédait 260,000 en 1898; elle est en grande partie aux mains d'une Compagnie déja presque célèbre, la Nippon Yushen Kaisha, qui possédait au 1er septembre 1898 62 navires a \"CC 151 ,ooo tonnes, qui dessert 2 I lignes, et dont le dernier dividende a été de 50 °/o• A coté d'elle, !'Osaka Shosen Kaisha utilise 58 bâtiments, d'une capacité de 34,000 tonnes. Sur les voies ferrées qui se sont construites aYcc une rare rapidité, 1,692 kilomctres en 1891-92, 2,238 en 1895-96, 2,507 en 1897-98, les recettes se sont multipliées deux fois et demie de ! 891-92 a 1896-97, 42 et 105 millions, et tandis que le bénéfice ressortait a 19 millions dans le premier de ces exercices, il bondissait a 58 dans le second. Que de statistiques on pQurrait encore emprunter a l'organisation du crédit, aux créations industrielles, pour démontrer par des arguments nouveaux l'importance du mouYement qui traYaille le Japon! Mais il ~onvient de se borner, et peut-être nos lecteurs s'estimeront-ils surabondamment éclairés. * * * Trois raisons d'ordres très divers expliquent l'essor économique de l'Empire du Soleil Levant, dans les années qui ont suiYi la
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