L'EXTRb1E-ORIENT 399 se rarnéne presque entièrement a un problème de débouchès. Si l'Angleterre, l'Allemagne, la France, la Russie, l'Cnion américaine, l'[talie, la Belgique rnème essaient de planter leurs pavillons ou d'insèrer leurs entreprises sur le sol chinois, ce n'est point pour conquérir un point strat<.'.:guiqc, LI ne position militaire dominante, un accroissement de superficie -- c'est poLir s'assurer une clientèle opulente et sLisceptible d'extension indcterminéc; si le Japon pousse ses tentatives sur la Corce et prétend exercer un protectorat thèorique ou effectif sur le cabinet de Pèkin, cc n'est point seulement pour s'épandre sur le continent asiatique, au dètriment même de sa sécurité, mais pour donner ù ses usines débordanks de vie, a ses centres d<.'.:jàgre\·édse surproduction, des entrepàts indispensables.- Connexitè des faits cconomiqucs et sociaux ensuite, car l'Extrèrne-Orient nous offrira, noLis offre des spectacles puissamment instructi(s, et suggère des conclusions qui corroboreront, sans contrnYcrsc possible, les théories de la sociologie nouYelle, les doctrines socialistes pures. Avec une autre Yigueur qLie l',\nglctc:rrc étudiée par Marx et Engels, le Japon Yérifie dès a présent la loi immuable de transformation des sociétés. L'introduction, le trio111phede la grande industrie y ont entrainé leurs suites fatales, la concentration du capital, un classement subit, aux formes arrètèes, de la population, une prolétarisation progressive et qui s'affirme d'une acti\·ité sans précédents. Demain la Chine, saisie a son tom en l'engrenage, constatera les mêmes phénoménes, prèsentant a l'observateur un champ d'i11\'cstigation bien plus \'aste. Nous poLirrons y saisir d'abord la désorg~1nisation, la dissolution que l'indListrialisme impose à toute nation, vieille ou jeune, puis la subdiYision conséquente en deux cL1sses nettement tranchées; celle qui posscde, et celle qui est exclue de toute propriété. Rattachée au problème de l'uniYcrselle évolution, la question de l'Extrème-Orient apparait d'un intérêt capital. Agrandissant, dans une énorme mesure, le terrain de la concurrence interna_tionale, versant dans le tourbillon contemporain, 400 ou 450 millions d'ho111mes,l'éYeil de l'Asie ne peut que précipiter b marche de l'humanitc Yers une formation neuve. Par la contribution même qu'il fournira à la masse prolétarienne déjà répartie dans le monde, il grossira ses moyens d'action, tandis que d'un autre côté, comme il aiguise, et exaspere les rivalités commerciales, il contraindra le capitalisme à déployer tout son processus logique. L'Afrique centrale, vu la faible densité de son peuplement, restant négligeable, l'on est en droit de dire qu'avant peu l'uniformitc d'organisation économique sera réalisée dans les deux hcmispheres. Le passage de la structure sociale d'aujourd'hui a celle de demain, ne s'en opérera qu'ayec plus de facilité et de célérité.
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