LA RE\'UE SOCIALISTE pour chaque ouvrier participant l'apport préalable d'un capital de vingt à cinquante mille francs et parfois daYantage. Mais nous ne devons pas oublier que la grande industrie et les grands moyens d'échange et de transports n'occupent encore que le tiers du champ de l'activité économique française. Nous deYons aussi nous rappeler que, dans le domaine de la petite industrie, il est quantité d'entreprises ou la force des bras ou la capacite technique de l'ou\Tier constitue la part principale des (rais de production, et que nombre de ces entreprises sont pour un long temps encore ù l'abri de la captation capitaliste. Pourquoi refuserions-nous d'aider ù s'emanciper du salariat les catégories de traYailleurs qui se trouvent dans ces conditions? )Jous ne pourrions conserver une telle attitude que si nous etions fermement persuades du prochain achèYementdc la concentration capitaliste dans le domaine industriel, et si nous etions convaincus que l.i reYolution sociale est etroitcment liée a l'achc\'Cl11Cntde la Ceodalite capitaliste. Comment, en prescnce des statistiques, pourrions-nous avoir une telle pensée? Et si nous ne pouYons l'avoir, pretcndrons-nous commander aux éYencmcnts et ajourner la rernlution si clic se presente, sous le prétexte qu'elle aYance et qu'elle n'est pas d'accord a\'CC nos thcorics toutes faites sur la concentration capitaliste? Songeons que les tr;l\'aillcurs sont plus opprimes, subissent de plus longs chômages, rcçoiYent moins de garanties du lendemain dans l.1 petite industrie que dans la grande. Et si, demain, c'est leur mecontentement pousse a son dcgre le plus extrême qui amene la situation revolutionnaire? Quoi qu'il en soit de cette hypothèse, que je veux seulement indiquer en passant, et clic n'a rien de deraisonnablc aux yeux de ceux qui etudient attentiYemcnt la situation de la classe ouvriere ailleurs que dans des li\Tes ecrits il y a trente ans, de quel droit refuserions-nous, encore une fois,::\ un certain nombre de travailleurs l'emancipation que nous demandons pour tous? L'Ùat et un certain nombre de municipalites accordent certains avantages aux cooperati\'es du bâtiment et de certaines fournitures. Elles sont dispensées du cautionnement qu'on exige des entrepreneurs. Elles peuvent rcce\'oir des avances de fonds. Nous ne pouvons qu'encourager et aider de tout notre pouvoir les travailleurs socialistes qui se libèrent ainsi du salariat tout en se rendant aptes â se gouycrncr eux-mêmes dans leurs petites republiques industrielles, image reduite de la grande république industrielle de l'avenir. On a vu par le succès de la \'erreric ouvriere ce que peut l'élan de la classe ou\Tiere. N'y eût-il dans de telles entreprises qu'une école d'administration pour les travaillcu.s et un refuge pour ceux que leur propagande a signales a l'animadYersion des patrons et des compagnies, nous n'aurions pas le droit de nous refuser a cette tâche . •\ etendrc ainsi notre action sur des objets aussi diYers, certains
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