La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

~OTICES BIBLIOGRAPHIQUES De la production industrielle, asso- _ciatio1tdu capital, du travail et du talmt, par PAUL BotLLEY. (r vol. in-12, 2 fr.50. - Félix Alcan, éditeur.) L'ouvrier, di: M. Boilley, â tort ou it raison, se croit atteint dans sa dignité d'homme libre, lésé dans ses intérêts matériels. La chose intéres~ante n'est pas de trouver la formule d'une société où tout serait parfait; ce qu'il faut, au plus vite, c'est une espi:ce de 111od:v1is-vwdi assurant aux trois agents d~ production : Capital, Travail, Ta/ml, la possession complète de la part à laquelle ila droit(?) Et M. Boilley a tenté d'analyser les possibilités et les difficultés d'une association nielle entre le capitaliste et le travailleur, étant donné que cette réforme doit s'opérer légalement et sans le concours de l"action révolutionnaire(?) Annales de l'Institut International de Sociologie, tome V (1898). Giard et Brière. - Le tome V de la collection des Annales de l'Institut International de Sociologie vient de paraitre. L'intérêt de ce volume ne le cède en rien. aux précédents, bien que l'Institut n'ait pas eu de Congrès annuel en 1898. . En 1897, en effet, il s'ajourna à 1900, afin, comme nous l'explique M. \,Vorms « d'assurer à la nouvelle session le plus grand nombre possible de présences et de travaux ». Les études contenues dans le tome V sont le~ suivantes : Plan de sociologie, par G. de Azcarate; L'induction en Sociologie par René \,V orms; La théorie organique des Socié:és, défense de l'organicisme, par J. NovicO\\'; la Personnalité libre par Starcke; du Droit pénal répressif au droit pénal préventif, par Pedro Dorado; La Vengeance privée, par Raoul de la Grasserie; Sur le droit de coalition, par Albert Jaffé; Formation et Evolution du langage par Ch. M. Limousin; L'Adap,ion est-elle la loi dernière de l'évolution humaine ? par F. Puglia. Les Malaises de la Démocratie, par GASTON ÜëSCHAMPS, I vol. in-18, A. Collin. - « De tout un peu », td aurait pu être également le titre donné it :, ce volume de notes écrites au jour le jour, dans une teinte, pessimiste et sur une foule de sujets, par le critique littéraire du Temps. Ce livre est en effet la réunion d'une série d'articles sur la corruption parlementaire, sur !',Université, sur M. Monod, les maitres répétiteurs, etc., parues autrefois dans le Temps ou dans le Figaro. L'auteur les a raccordés, remaniés et juxtaposés en chapitres qui se ressentent de l:t disparité d'inspiration, <le l'absence de composition primitive. La lecture n'en est pas moins facile et agréable et it défaut d'une thèse ou d'une théorie bien ordonnée, le lecteur y trouvera une documentation abondante, <1uoique un peu superficielle, sur quantité de questions â l'ordre du jour. L'Autrefois, Récits de Gascogne el d'Ailleurs, par M. Jo11N LABUSQUIÈRE, petit in-8 écu broché, Maissonneuve. - La librairie Maisonneuve poursuit sa collection <les Conteurs et poètes. La Bretagne a fourni le premier volume, Contes el Nouvelles de Tréguier, de M. Quellien; le deuxième vient du pays d'Aquitaine: les conteurs se répondent aux deux bouts extrêmes de la France. Le livre de M. John Labusquière, l'Aulrejoir, continue la série, avec un intérét et une autorité incontestables. On sait l'orateur qu'est M. Labusquière, au Conseil municipal de Paris; depuis vingt-.:inq ans, le journaliste aussi publie ces articles si remarqués sous la signature de Jean M.lllbourg. \Toi!:\ que le rude lutteur politique, après le labeur quotidien, s'est plu :\ recueillir, le soir, devant le foyer familial, les souvenirs de sa lointaine enfance passée au pied des Pyrénées. pour ses enfants élevés dans Paris. La surprise en sera vraimem agréable au publi.:. L'auteur offre son livre:\ sa mcre, dans une dédicace d'une émotion discrète. Suivent trente-trois nouvelles, écrites d'une main alerte, avec une verve variée et un soin toujours délicat, dans un style sans fatigue. C'est un ouvrage à étre rdu; et l'éloge <:Stde\'enu rare, en notre temps de productions h:itives et partant médio.:res. M. John Labusquièrc entre dans la littérature, comme il s'est montré dans les délibératious publiques, avec une belle attitude; et il y restera, il sa place d'honneur. L'Amour et la Mort, par V1GNt n'OcroN, 1 vol. in-18, Flammarion. Jamais titre ne fut mieux justifié. Un livre d'une audace inouïe, d'un exotisme étrange. D'une violence sans égale; ou la chair, la pauvre chair humaine torturêe par la voluptê palpite, crie, pleure, sanglote; où le Mal d' ai11ier, le Désir éter11el plus terribles en terre d'Afrique, plus dangereux que le soleil, exaspérés par les odeurs du climat, par l'oisiveté de l'exil, et aussi - qui le croirait? - par les étreintes de la fièvre, sont l'objet d'une analyse subtile et cruelle. Telle est la dernière œuvre de \Tigné d'Octon, véritable poi:me du Rut africai11 avec le décor du fleuve en feu, le style en joie et du grand ciel rempli d'étoiles souriantes. Féconde, par DANrEL RrcHE, r vol. in-18, Flammarion. - L'a1Tivée de l'enfant dans la classe moyenne peut-elle être un sujet de calamités? Oui, répond hardiment Daniel Riche dans son roman. Féco11de st, en quelque sorte, l'antithèse de Stérile, le dernier ouvrage de Daniel Riche. Toutefois l'affabulation ne parait gucre probante, car k milieu administratif où notre auteur a placé son héros nous semble fort extraordinaire et nous doutons qu'on y professe œtte haine ,ks enfants

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