La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

382 LA REVUE SOCIALISTE NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES Friedrich Nietzsche, Apboriw,es et fragmeuts choisis, par HENRI L1c11TENBERGEH, professeur de littérature étrattgère il l'Université de Nancy. (r vol. in-12 de la Bibliothèque de Philosophie co11/e111porai11e, 2 fr. 50. - Félix Alcan, éditeur). M. Henri Lichtenberger, dans sou livre La philosophiede Niet,che, avait fait connaitre au public français le système du penseur allemand. Il complète :\Ujourd'hui sa tâche de vulgarisateur en publiant des fr.1gments et analyses, ainsi que <les pensées détachées de ses principales œuvres. On y trouvera, présentés ou analysés, les écrits suivants du célèbre philosophe : La Naissa11ce de la tragédie - Cousidèralio11s inactuelles - Chosesh11111ai1p1aers trop lmmaiues - A11rore - La gaie Science - Ai11siparla Zarnthustra - Par-delà le Bim el le Mal - La gé11éalogidee la Morale - Le cas Wav1cr - Le Crépusculedes idoles - L' Autichrétien - Ecce Ho1110 - Niet,sche co11/re lVag11er - Poésies. Dans une introduction, M. Lichtenberger donne une notice biographique sur son auteur, indiquant il gcands traits ce qu'a été la personnalité de Nietzsche et comment elle s'est développée, esquiss,111t l'histoire <le sa vie extérieure et intérieure, les aventures intellectuelle; ou l'engagea sa sincérité passionnée de chercheur intrépide, et enfin les phases successives du drame de sa destinée dont le mélancolique dénouement se joue, a l'heure qu'il est, dans la paisible ville de Weimar. Savants, penseurs et artistes, biolo,rieet pathologiecomtarees, par THEODORE ·wECflNIAKOFF, publié par les soins de RAPHAEL PETI\UCCI. (2 vol. in-12 de la Bibliotbè'lue de Philosophie co11/e111poraiue, 2 fr. 50. - Félix Alcan, éditeur. \1/cchniakoff a étudié successivement certains phénomènes biologiques et son étude a porté principalement sur la fixité et la i·a1·iabililé d'un type mental donné; sur la durée de la conservation' de ce type dans son intégrité; sur les cas de dédoublements successifs de ce type; sur la décadence généralisée des types complexes coordonnés ; sur la durée de la vie, variable selon les différents types; sur la nonherédité d'originalit~ du même type. Ce sont bien lit des phcnomènes biologiques mais appartenant :1 un ordre plutôt fonctionnel ou physiologique et même aussi pathologique. L'auteur a appliqué son étude il nn certain nombre de savants et de penseurs scientifiques originaux, parmi lesquels nous citerons : Darwin, Pasteur, Léonard de Vinci, d'Al~mbert, Fries, Humes et Auguste Comte, Lotze et Fechner, Lagrange et Laplace, les familles de Bernouilli, d'Euler, des Cassini, des Herschel!, des Lahire, des peintres Breughel, Alexandre de Humboldt, Pierre Laffitte, etc. M. Petrucci s'est borné, dans la revision du manuscrit, à substituer a des tournures étrangères, des formes plus adaptées au génie de la langue française, tout en conservant celles qui caractérisent l'originalité et la puissance de l'auteur. J. Chamberlain. par A. VIALLATE, rédacteur en chef des A1111alesdes sciences politiques. (r vol. in-12, précéJé d'une préface de M. EMILEBoun11", de l'Institut. - Félix Alcan, éditeur.) Chef <lu parti unioniste il la Clumbre des Communes, leader de l'Angleterre démocratique, promoteur ardent ou ferme soutien des projets les plus aventureux et les plus généreux de réforme sociale, inventeur intrépide de la plus vaste combinaison impérialiste qui fùt jamais,administrateur avisé, diplomate tantôt tin, tantôt brutal. toujours entreprenant, jamais déconcerté, orateur véhément, sarcastique et convaincant, républicain par accès, démocrate avéré, membre d'un cabinet conservateur, ji11go forcené, fils du peuple devenu gentleman, M. Joseph Chamberlain, successivement maire de Birmingham, ministre du commerce et secrétaire des colonies de Sa Majesté, est bien, pour nous autres français, la plus curieuse et énigmatique figure de l'Angleterre contemporaine. Tout en lui nous étonne, et s.1 surprenante fortune, et son audace singulière. et sa faconde humoristique, et son inaltérable confiance, et sa flegmatique outrecuidance. M. Viallate a voulu mettre le personnage tout près de nous. Il a su accumuler dans ces ce11t cinquante pages une masse de faits, méthodiquement classés et clairement exposés, qui satisferont le plus curieux et le plus exigeant. Cet ouvrage est présenté au public par M. Boutmy, l'un des hommes j qui, en France, ont le plus heureusement 1 compris le caractère et les institutions de nos voisins.

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