La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE de la Fédératio11des Typographes, qui avait etc chargé du rapport sur les co11venlio11s di: tarifs. On objecte, dit-il, que si l'on est lie par le tarif, on ne peut tirer parti des pcriodes de prospérité économique. Mais cet inconYénient n'est-il pas compensé par cc fait que le tarif est aussi payé lorsque la situation économique devient mauvaise? - On dit que les patrons cessent de tenir leurs engagements aussitôt qu'ils ont a\'antag-c à les rompre : nous n'avons pas fait cette expérience, nous pom·ons déclarer que dans notre branche les patrons respectent et veillent à faire respecter la convention. Récemment le syndicat des patrons n'adressait-il pas un appel aux ouvriers, pour les exhorter à n'accl!pter de travail nulle part au-dessous du tarif? - ~otre convention, dit-on, atteste le renoncement à la lutte. Mais n'est-il pas plus juste de voir en clic k résultat de luttes nombreuses? On dit que nous avons perdu l'habitude de lutter, et on se demande cc qu'il adviendrait de nous s'il nous fallait liHer de nouveaux combats, « et il est possible, en effet, LJUelorsque, dans deux ans, la convention expirera, les patrons nous proposent des conditions telles que nous ne puissions les accepter, et qu'alors toute cette bonne amitié disp:iraisse. Mais cela n'empêchera pas que nous ayons eu cinq annccs de repos pendant lesquelles nous aurons pu jouir du tarif et fortifier notre organisation. Et nous serons alors, me semblc-t-il, mieux armés pour engager une nounlle lutte que si nos forces s'étaient consumces en cinq années de petite guerre. » Enfin on a élcvc contre nous un autre grief, « on a dit que nous professions la doctrine de l'harmonie des intérêts, que les typographes n'av:iient pas compris la lutte de classe. - Mais la lutte ne vaut pas pour la lutte même; nous ne combattons que si cela nous paraît commandé, si cela nous paraît avantageux pour notre corpor:ition; et si nous pouvons atteindre le but sans mettre en péril des milliers d'existences, nous ne croyons p:is ch:irger par là notre conscience de prolctaires,nous croyons au contraire agir clans l'intérêt des travail leurs. L'antagonisme des classes n'a pas disparu, nous le savons; mais quant à accentuer artificiellement les antagonismes, nous ne nous sentons pour cela aucun goùt. » D'ailleurs, :ijouta l'orateur, nous n'avons pas l'intention d'imposer notre tactique aux autres, nous savons que ce qui con,·ient aux typographes peut ne pas conYenir à d'autres catégories d'ouvriers : nous désirons seulement que l'on professe Yis-à-vis de nous la même tolérance. cc La classe ouniére, qui a si souvent souffert du terrorisme des patrons, ne doit pas laisser s'établir dans ses rangs le terrorisme des doctrines et des opinions; elle doit laisser libre chaque corporation <le forger elle-même son propre bonheur. » Apres le président de la Fédération des Typographes, d'autres parlèrent en faveur des conventionsde tarifs et s'efforcèrent de montrer comment elles étaient nécessaires à la conquête durable de meilleurs

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