37° LA REVUE SOCIALISTE Mais, et je rcYiens à l'objet de cet article, c'est là un argument de plus à l'appui de l'unitc socialiste. C'est la démonstration par le fait de la nécessité de ne plus laisser le parti sans organe central qui puisse prendre des dccisions•énergiques aux heures décisives. Le Congres d'Épernay, malgré des influences pn:pondcrantes dont on pouvait redouter l'action sur l'ensemble des délégués, l'a compris comme nous et il a Yoté, en somme, des rcsolutions qui contiennent implicitement l'adhésion à l'attitude politique qui fut la nôtre, en même temps qu'il s'est nettement prononcé pour l'unité socialiste. li a admis que des circonstances puissent se produire qui légitiment et même rendent indispensable l'occupation de« positions non clectives » par l'un des nôtres. La réserYe faite touchant la lutte de classe est naturelle et ne nous embarrasse point. J'ai montré que le principe de la lutte des classes ne subissait aucune déviation du fait de la situation actuelle. La résolution du Congrès d'Épernay s'applique donc de tous points au cas de Millerand, sauf en ce qui concerne l'approbation collective du parti par l'organe de ses représentants, et sur laquelle ni le groupe parlementaire de l'Union, ni le Comité d'Entente ne voulurent se prononcer. Mais le Congrés d'Épernay, par une troisième rcsolution, a adhéré au principe du Congrès et rnté une décision faYorablc à l'unité. Par là donc, le cas Millerand pourra recevoir la sanction qu'il comporte, et je crois fermement que rien ne s'opposera à ce que l'immense majorité du Congres, après avoir posé les bases de l'unité qui est au fond du cœur de tous, approu\'e l'attitude des fractions socialistes qui ont soutenu Millerand. Le Parti Ouvrier Possibiliste (broussistes), en effet, le Parti Ounier Révolutionnaire (allcmanistes) et les Indépendants ont déja adhéré à la politique réaliste qui fut celle du groupe socialiste, depuis sa formation à la Chambre, et dont l'acceptation d'un portefeuille par Millerand n'est qu'un incident. Au sein du Parti Ouvrier de Guesde, l'approbation donnée par un certain nombre de députés et qui se tradtüsit par un \'Ote de confiance dans le cabinet \\'aldeck-Rousseau ne semble pas avoir été retirée, car depuis le Congres d'Épernay, nous avons pu Yoir le citoyen ferroul transmettre à Millerand les félicitations des groupes et syndicats adhérents à l'organisation de Guesde. Le citoyen Krauss, de son côté, a manifeste également qu'il ne condamnait pas l'action du citoyen Jaures, puisqu'il a pris, à Lyon, l'initiative de l'adresse au gouvernement pour demander la libération de Dreyfus, en attendant que les moyens de procédure permettent de le réhabiliter et d'infliger aux officiers supérieurs et généraux qui l'ont martyrisé, le châtiment qu'appellent les manœuvres criminelles par lesquelles ils ont pu faire condamner l'innocent. Reste le Parti Blanquiste dont je n'ai pas parlé. Il est assez diffi--
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==