LA CRISE DU PARTI SOCIALISTE avions le devoir de coopérer à l'ccrasement d'un parti social, représentant de formes politiques smannces et d'intérêts économiques dont le triomphe constituc•rait un temps d'arrêt dans l'tvolution du capitalisme, partant, ajournerait l'avt'.:nement du socialisme subordonné à l'entier développement de celui-là. Enfin la collaboration proYisoire à la defense de la Ré-publique d'un socialiste, en même temps qu'elle permet d'obtenir de la bourgeoisie quelques concessions qui ne sont pas à 1édaigner, donne à notre parti un prestige et un éclat incomparables. La présence d'un des notres sur les bancs du gouvernement nous conquiert le droit de cité dans la République et dans le monde. C'est à ce double point de vue des rcsultats immédiats et des espérances qu'elle a fait naitre dans le cœur du prolétariat universel, qu'il ce,nvient, je pense, d'enYisager l'entrée de Millerand dans le cabinet Waldeck-Rousseau. Elle n'a fait fléchir en rien le principe de la lutte de classe conçu selon la tactique politique de ces cinq derniéres années, je viens de le montrer, en tirant l'explication de notre attitude ·des seules considération~ matcrielles inYoqut'.-espar nos adwrsaires. Que d'autres considt'.'.rationsvictorieuses j'aurais pu faire Yaloir, si j'avais examiné le côté moral de la question ! Quelle circonstance admirable, en effet, que celle qui permet au prolétariat français de défendre à la fois ses intt'.'.rêts matériels et de sauyegarder les grands principes moraux de la civilisation que la bourgeoisie républicaine, aprés les avoir proclamés, se reconnait impuissante à assurer toute seule. Comment notre idéal de justice future ne conquerrait-il pas les sympathies de tcus ceux que réYolte le spectacle de l'iniquité triomphante! Mais je me suis interdit cette nature d'arguments. J'ai voulu justifier du point de vue de la lutte de classe, seulement, l'acte tant reproché à Millerand et ne pas m'ccarter du terrain de discussion de nos contradicteurs. Le lecteur dira si j'ai réussi. Un mot encore : Millerand deYait entrer au cabinet, ai-je entendu dire, comme délégué du parti socialiste, et non à titre personnel. C'est exact. Le groupe de l'Union socialiste aurait dù investir Millerand et préciser nettement, avec la nature du pacte conclu entre le socialisme et la bourgeoisie rcpublicaine, la nature de l'œuvre ù accomplir, pour laquelle l'un des nôtres entrait proYisoirernent dans un cabinet. Les rivalités sourdes qui nous diYisaient ne l'ont pas permis, et par là, la portée de l'acte de Millerand s'en est trouvé un peu Jiminuée; ou plutôt, car notre camarade ne doit pas assumer la responsabilité d'uue indécision politique qui fut surtout celle du parti socialiste, celui-ci ne recueille pas tout le béeéfice moral qu'il aurait pu recueillir. 2-,
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