LA CRISE DL' PARTI SOCIALISTE action parlementaire commune ou d'une action minist<'.:riellccollcctiYe, le résultat final est le même, la « compromission ll, si compromission il y a, est identique ou plutôt, s'il existe une différence, elle est toute en faveur du mode d'action le plus efficace. Or l'action <lu parti socialiste, par la prcsence de l'un de nous au rninist<'.:rc,est mieux assurée que •si nous devions procéder dans les couloirs à des ententes toujours trcs longues à conclure, plus lentes encore :i réaliser par la procédure parlementaire. On l'a bien vu pour les conditions du tranil. Avons-nous fait une depens1: d'encre, avons-nous consommé de la saliYe, dans la presse, au Conseil municipal de Paris et :i la Chambre pour obtenir que la loi autorise les communes à inscrire dans les clauses de leurs cahiers des charges des conditions protectrices <lu traYail ! D'un trait de plume l\lilleran<l, ministn.:, a réalis<'.l:a réforme. Et l'inspection du travail? Guesde s'est plaint. :i diverses reprises, et trés éloquemment, que l'application <les lois concernant le travail 111: fussent pas appliquées et il attribuait à l'absence d'ouwiers au sein des commissions départementales l'inertie, pour ne pas dire plus, <lt: ces commissions. En quelques lignes impératives, l\!illcrand a comblé, en partie, .les lacune~ signal<'.:es.De même pour la statistique et l'étULk <lesquestions intéressant le tra\·ail, 1'1illeran<la réalisé, en quelques jours, une reforme pendante devant le Parlement depuis plus de quinze ans. La direction du travail qu'il a cr<'.:ceéquivaut :i un ministére du tra ,·ai1. Je ne dis pas que ces réformes constituent <les pas de géant et Millerand, si on l'interrogeait sur cc point, répondrait comme n1oiqu'il ne leur attribue qu'une importance relative. Cc sont amélioration~ <le détail qui ne sauraient nous faire perdre <lenie l'œuvrc de transformation sociale dont nous poursuiYons la réalisation totale. Mais ces améliorations partielles sont autant de leviers et d'outils mis à la disposition du prolétariat. L'essentiel, c'est que, Jans la poursuite des réformes au jour le jour, nous n'oubliions pas le but définitif à attein<lre, et que nous sauvcgar<lions l'id<'.:alrévolutionnaire de notre parti. Cet idcal, nous ne l'abandonnerons pas, tout en profitant des circonstances qui, à une heure de crise, ren<lent nécessaire l'action commune de la bourgeoisie républicaine et du prolétariat socialiste pour une œune de salut commun. Car il reste entendu à nos yeux, :i ceux de Millerand, de Jaurés et de tous ceux qui, après hésitation, ont approuve la collaboration du socialisme a la défense de la République, comme aux yeux des membres du Parti OuYrier qui ont prévu le cas où des socialistes pourraient être apptlés à occuper des positions « non électives », il reste entendu, dis-je, que des circonstances exceptionnelles et critiques peuvent seules cré~r la nécessité d'une union pro\·isoire et détermin<'.:e
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